{"id":265,"date":"2010-04-18T11:30:00","date_gmt":"2010-04-18T09:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=265"},"modified":"2021-01-14T21:13:44","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:44","slug":"monde-les-volcans-lhomme-et-dieu","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/monde-les-volcans-lhomme-et-dieu\/","title":{"rendered":"Monde\/ Les volcans, l&apos;homme et Dieu"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img width=&quot;400&quot; height=&quot;400&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http:\/\/www.michelgurfinkiel.com\/uploads\/Image\/MORE\/2721220706_5bdf7d52c3.jpg&quot; \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La nature, c&rsquo;est aussi &ndash; et peut-&ecirc;tre avant tout &#8211; le chaos.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;ruption du volcan islandais Eyjafj&ouml;ll ne bouleverse pas seulement le trafic a&eacute;rien. Il bouscule aussi les dogmes &eacute;cologistes. L&rsquo;opinion avait fini par admettre, au moins dans les pays occidentaux, que les activit&eacute;s humaines perturbaient une nature qui, laiss&eacute;e &agrave; elle-m&ecirc;me, ou g&eacute;r&eacute;e de fa&ccedil;on <em>&laquo; douce &raquo;<\/em>, c&rsquo;est &agrave; dire archa&iuml;que, tendait vers l&rsquo;&eacute;quilibre et l&rsquo;harmonie. Elle red&eacute;couvre une v&eacute;rit&eacute; bien diff&eacute;rente, dont les g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;c&eacute;dentes &eacute;taient conscientes : la nature, c&rsquo;est aussi &ndash; et peut-&ecirc;tre avant tout &#8211; le chaos.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rien n&rsquo;est plus courant, &agrave; la surface de la ch&egrave;re plan&egrave;te bleue, que les volcans. Au Japon, le Fuji-Yama est un embl&egrave;me national. A Naples, le V&eacute;suve est un totem. En Auvergne, les Puys, endormis depuis si longtemps qu&rsquo;on les tient pour &eacute;teints, sont des gages de puret&eacute;. Mais une &eacute;ruption volcanique majeure modifie le climat et par voie de cons&eacute;quence la biodiversit&eacute; plus inexorablement que des si&egrave;cles de pollution industrielle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Deux exemples particuli&egrave;rement frappants. Voici un peu plus de 60 millions d&rsquo;ann&eacute;es, le Dekkan, au sud de l&rsquo;actuel sous-continent indien, a connu une activit&eacute; volcanique intense et r&eacute;p&eacute;t&eacute;e, pendant quelque 30 000 ann&eacute;es. Cette derni&egrave;re s&rsquo;est traduite par la formation d&rsquo;un bloc de lave d&rsquo;une superficie &eacute;gale &agrave; celle de la France actuelle : plus de 500 000 kilom&egrave;tres carr&eacute;s. Mais aussi des &eacute;missions gazeuses, notamment de dioxyde de soufre, qui, en se r&eacute;pandant dans toute l&rsquo;atmosph&egrave;re terrestre, auraient provoqu&eacute;, ou contribu&eacute;, &agrave; l&rsquo;extinction de nombreuses esp&egrave;ces vivantes &agrave; la fin de l&rsquo;&egrave;re m&eacute;sozo&iuml;que, notamment les dinosaures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le 10 avril 1815, un volcan indon&eacute;sien, le Tambora, explose dans l&rsquo;&icirc;le de Sumbawa, &agrave; l&rsquo;est de Bali. C&rsquo;est la plus grande catastrophe volcanique ayant fait l&rsquo;objet d&rsquo;une observation humaine. En Indon&eacute;sie m&ecirc;me (un pays qu&rsquo;on appelait alors les Indes n&eacute;erlandaises), elle tue entre 20 000 et 70 000 personnes. Mais les gaz et les cendres, projet&eacute;s dans la haute atmosph&egrave;re, entra&icirc;nent un &laquo; effet de serre &raquo; dans tout l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re nord. L&rsquo;&eacute;t&eacute; 1815 est <em>&laquo; pourri &raquo;<\/em> en Europe. En 1816, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;&eacute;t&eacute; du tout. Les hivers sont polaires. L&rsquo;ensoleillement et la chaleur ne retrouvent un niveau <em>&laquo; normal &raquo;<\/em> qu&rsquo;en 1820. Les cons&eacute;quences, pour des soci&eacute;t&eacute;s qui restent largement agricoles, sont terribles. Mis&egrave;re en Europe, famine dans les pays moins d&eacute;velopp&eacute;s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais en fait, la premi&egrave;re partie des ann&eacute;es 1810 avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par un mauvais temps g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; dans l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re nord. C&rsquo;est ce qui explique la d&eacute;faite de Napol&eacute;on en Russie : en 1812, l&rsquo;hiver commence six semaines trop t&ocirc;t, et la retraite que l&rsquo;Empereur avait organis&eacute;e dans le moindre d&eacute;tail, en bon strat&egrave;ge qui pr&eacute;voit toutes les &eacute;ventualit&eacute;s, tourne au d&eacute;sastre. On vient de d&eacute;couvrir la cause de cette premi&egrave;re alt&eacute;ration du climat : l&rsquo;analyse des glaces profondes de la r&eacute;gion arctique a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;une autre explosion volcanique, d&rsquo;une puissance &eacute;gale &agrave; 50 % de celle de Tambora, avait eu lieu quelque part dans le monde, sans doute dans une r&eacute;gion tropicale inaccessible aux observateurs occidentaux, en 1809.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La question que personne ne peut trancher pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est la cause du mauvais temps anormal qui r&egrave;gne en Europe le 18 juin 1815, et qui provoque la d&eacute;faite ultime de Napol&eacute;on &agrave; Waterloo, en Belgique. Effet tardif de l&rsquo;explosion volcanique de 1809 ? Ou effet pr&eacute;coce de l&rsquo;explosion de 1815 ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les volcans pourraient &eacute;galement expliquer les deux &eacute;v&eacute;nements les plus c&eacute;l&egrave;bres et les plus &eacute;tonnants de la Bible : les Dix Plaies qui frappent l&rsquo;Egypte quand celle-ci refuse de rendre sa libert&eacute; aux H&eacute;breux, et l&rsquo;ouverture des eaux de la mer Rouge.  De nombreux historiens ont &eacute;t&eacute; frapp&eacute;s par l&rsquo;analogie entre ces ph&eacute;nom&egrave;nes et ceux qui entourent une explosion volcanique de grand ampleur : notamment la transformation des eaux en sang &ndash; ou en une mati&egrave;re rouge et putride -,  le pullulement et l&rsquo;hyperactivit&eacute; des insectes et des batraciens, les &eacute;pid&eacute;mies, les pluies ou gr&ecirc;les toxiques, l&rsquo;obscurit&eacute;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth&egrave;se la plus simple consistait &agrave; voir dans l&rsquo;Exode l&rsquo;effet de l&rsquo;explosion de l&rsquo;&icirc;le de Santorin, dans les Cyclades. Mais celle-ci se serait produit vers 1600 avant l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne. Donc quatre cents ans au moins avant l&rsquo;Exode.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une autre hypoth&egrave;se est apparue depuis peu, &agrave; travers les recherches qui ont mis en &eacute;vidence l&rsquo;explosion tropicale de 1809. Il a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli que le volcan Hekla, en Islande, &laquo; grand fr&egrave;re &raquo; de l&rsquo;Eyjafj&ouml;ll, a explos&eacute; entre l&rsquo;an 1200 et l&rsquo;an 900 avant l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne. Et que ce cataclysme &ndash; connu sous le nom scientifique de H&eacute;kla 3 &ndash; a &eacute;t&eacute; le plus violent des dix mille derni&egrave;res ann&eacute;es : &agrave; titre de comparaison, il aurait &eacute;t&eacute; de 5 &agrave; 6 fois plus puissant que l&rsquo;explosion du Tambora.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si la date de 1200 avant l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne est retenue, on obtient une concordance totale avec les &eacute;v&eacute;nements relat&eacute;s par la Bible -et de nombreuses sources extrabibliques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&copy; Michel Gurfinkiel, 2010<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img width=&quot;400&quot; height=&quot;400&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http:\/\/www.michelgurfinkiel.com\/uploads\/Image\/MORE\/2721220706_5bdf7d52c3.jpg&quot; \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/monde-les-volcans-lhomme-et-dieu\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Monde\/ Les volcans, l&apos;homme et Dieu &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[69],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/265"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=265"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/265\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1852,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/265\/revisions\/1852"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=265"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=265"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=265"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}