{"id":319,"date":"2009-04-05T09:30:00","date_gmt":"2009-04-05T07:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=319"},"modified":"2021-01-14T21:13:46","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:46","slug":"usa-el-melanchon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/usa-el-melanchon\/","title":{"rendered":"USA\/ El Melanchon"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p><img width=&quot;200&quot; height=&quot;159&quot; src=&quot;http:\/\/www.michelgurfinkiel.com\/uploads\/Image\/bowingtosaudiking.jpg&quot; alt=&quot;&quot; \/>Pourquoi Barack Hussein Obama, pr&eacute;sident de la plus grande d&eacute;mocratie la&iuml;que du monde, s&rsquo;incline-t-il comme un serviteur devant Abdallah II, roi-th&eacute;ocrate d&rsquo;Arabie ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La sc&egrave;ne a &eacute;t&eacute; film&eacute;e par toutes les t&eacute;l&eacute;visions, et diffus&eacute;e dans le monde entier. Mais personne n&rsquo;a voulu s&rsquo;y attarder. Surtout pas en Occident. Cela se passe &agrave; Londres, le 2 avril, pendant le G20. Les chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement se saluent, se congratulent et s&rsquo;embrassent. Barack Obama, le pr&eacute;sident am&eacute;ricain, salue ses pairs avec sa bonne gr&acirc;ce habituelle. Mais quand il arrive devant le roi Abdallah II d&rsquo;Arabie Saoudite, il ne se contente pas d&rsquo;une poign&eacute;e de main. Il s&rsquo;incline profond&eacute;ment. Comme un sujet. Comme un vassal. <\/p>\n<p>C&rsquo;est Franklin Roosevelt qui, le 14 f&eacute;vrier 1945, a mis en place des relations sp&eacute;ciales entre les Etats-Unis et la monarchie wahhabite. Revenant de Yalta, en Crim&eacute;e, o&ugrave; il venait de partager le monde avec le Sovi&eacute;tique Joseph Staline et le Britannique Winston Churchill, le pr&eacute;sident am&eacute;ricain avait fait un d&eacute;tour par l&rsquo;Egypte, en d&eacute;pit d&rsquo;un &eacute;tat de sant&eacute; pr&eacute;caire (il allait mourir deux mois plus tard, presque jour pour jour), afin de rencontrer Abd al Aziz Ibn Saoud, le B&eacute;douin du Nejd qui avait unifi&eacute; la p&eacute;ninsule Arabique treize ans plus t&ocirc;t. L&rsquo;entrevue se d&eacute;roula au milieu du canal de Suez, sur le <em>Quincy<\/em>, un b&acirc;timent de l&rsquo;U.S. Navy. Le roi accordait l&rsquo;exclusivit&eacute; de ses gisements de p&eacute;trole, dont on savait depuis peu qu&rsquo;ils &eacute;taient les plus importants du monde, aux soci&eacute;t&eacute;s am&eacute;ricaines. Le pr&eacute;sident promettait, en &eacute;change, de le prot&eacute;ger contre tous ses ennemis, &agrave; commencer par les autres pays arabes et musulmans &#8211; soutenus par l&rsquo;Angleterre &#8211; , qui le consid&eacute;raient comme un dangereux fanatique. <\/p>\n<p>Au fil des ann&eacute;es, &agrave; la faveur de la guerre froide puis des <em>&laquo; chocs p&eacute;troliers &raquo;<\/em> successifs, cet arrangement est devenu une sorte de symbiose, o&ugrave; l&rsquo;Arabie Saoudite a jou&eacute; un r&ocirc;le de plus en plus dominant. L&rsquo;app&acirc;t du gain, sinon la corruption, explique en partie cette d&eacute;rive. Les milieux p&eacute;troliers du Texas, confront&eacute;es &agrave; un &eacute;puisement lent, progressif , mais in&eacute;luctable, de leurs puits, ont r&eacute;investi dans le p&eacute;trole saoudien,&nbsp; &agrave; tous les niveaux : de l&rsquo;extraction &agrave; la commercialisation. Quand leurs partenaires arabes ont &eacute;t&eacute; vraiment tr&egrave;s riches, dans les ann&eacute;es 1970, ils les ont aid&eacute; &agrave; n&eacute;gocier leurs achats aux Etats-Unis et dans d&rsquo;autres pays occidentaux : des BTP, march&eacute; formidable, aux importations d&rsquo;armes, march&eacute; fabuleux. A chaque niveau ou &eacute;tape, les commissions et les avantages occultes se sont &eacute;videmment ajout&eacute;s aux dividendes de bon aloi. Le moyen, dans de telles conditions, de ne pas cr&eacute;er des lobbies multiples et vari&eacute;s au service de Riyad, des fondations, des instituts universitaires, et d&rsquo;intervenir sans cesse dans la politique ou la m&eacute;tapolitique am&eacute;ricaine en faveur de l&rsquo;islam en g&eacute;n&eacute;ral et du wahhabisme en particulier.<\/p>\n<p>Mais il y a aussi un aspect irrationnel, presque psychanalytique, dans cette relation. L&rsquo;Am&eacute;rique est une R&eacute;publique d&eacute;mocratique, &eacute;galitaire et individualiste. Elle a toujours &eacute;t&eacute; fascin&eacute;e par son contraire : l&rsquo;Angleterre monarchique, hi&eacute;rarchis&eacute;e et soi-disant intellectuelle, la France &eacute;tatiste et cynique, l&rsquo;Allemagne imp&eacute;riale puis hitl&eacute;rienne (sans l&rsquo;attaque japonaise contre Peal Harbour et surtout la r&eacute;action infantile d&rsquo;Hitler, qui d&eacute;clara alors la guerre aux Etats-Unis par solidarit&eacute; avec Tokyo, les Etats-Unis ne seraient jamais intervenus en Europe), la Russie de Staline et de ses &eacute;pigones. L&rsquo;Arabie et l&rsquo;islam, selon un philosophe arabe anti-int&eacute;griste, Ibn Rawandi, seraient pour les Etats-Unis l&rsquo;Autre absolu : r&eacute;actionnaires, th&eacute;ocratiques, antif&eacute;ministes, royalement analphab&egrave;tes en mati&egrave;re de droits humains. <em>How cute, how fascinating !<\/em><\/p>\n<p>Quand Obama s&rsquo;incline comme un esclave devant un souverain esclavagiste, il ne fait donc que reprendre une vieille tradition nationale am&eacute;ricain. A moins qu&rsquo;il ne soit pas celui qu&rsquo;il pr&eacute;tend &ecirc;tre. A moins que son middle name, son nom m&eacute;dian, Hussein, ne soit la cl&eacute; de sa personnalit&eacute;. Et qu&rsquo;il ne&nbsp; faille voir en lui un musulman secret, contraint de feindre pour un temps une adh&eacute;sion au christianisme. Un marrane, si vous voulez. Ou plus exactement, selon la terminogie hispanique qui fait foi en la mati&egrave;re, <em>un melanchon<\/em>.<\/p>\n<p>\n<strong>&copy; Michel Gurfinkiel, 2009<\/strong>\n<\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p><img width=&quot;200&quot; height=&quot;159&quot; src=&quot;http:\/\/www.michelgurfinkiel.com\/uploads\/Image\/bowingtosaudiking.jpg&quot; alt=&quot;&quot; \/>Pourquoi Barack Hussein Obama, pr&eacute;sident de la plus grande d&eacute;mocratie la&iuml;que du monde, s&rsquo;incline-t-il comme un serviteur devant Abdallah II, roi-th&eacute;ocrate d&rsquo;Arabie ?<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/usa-el-melanchon\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: USA\/ El Melanchon &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[160],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/319"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=319"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1967,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/319\/revisions\/1967"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}