{"id":320,"date":"2009-04-01T09:22:00","date_gmt":"2009-04-01T07:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=320"},"modified":"2021-01-14T21:13:46","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:46","slug":"palestiniens-le-chien-et-lenfant","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/palestiniens-le-chien-et-lenfant\/","title":{"rendered":"Palestiniens\/ Le chien et l&apos;enfant"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Les rois arabes confient leurs chiens &agrave; Isra&euml;l. L&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne refuse que les enfants arabes soient soign&eacute;s en Isra&euml;l.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cela se passe au mois de janvier dernier. Un patient de marque est admis, sous bonne escorte, &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital v&eacute;t&eacute;rinaire Beith-Dagan, en Isra&euml;l : le chien pr&eacute;f&eacute;r&eacute; du roi Abdallah II de Jordanie et de son &eacute;pouse, la reine Rania. Dans le pass&eacute;, l&rsquo;animal a &eacute;t&eacute; soign&eacute; &agrave; plusieurs reprises par des experts de cet &eacute;tablissement : soit sur place, soit &agrave; Amman. Cette fois, son &eacute;tat est trop grave : il doit &ecirc;tre plac&eacute; dans une unit&eacute; de r&eacute;animation. Au bout de quelques jours, il meurt. Sa d&eacute;pouille est ramen&eacute;e en Jordanie, avec les honneurs qui lui sont dus. L&rsquo;&eacute;quipe m&eacute;dicale isra&eacute;lienne exprime ses <em>&laquo; profonds regrets &raquo;.<\/em><\/p>\n<p>Au m&ecirc;me moment, la guerre fait rage &agrave; Gaza, entre Isra&euml;l et le Hamas. De nombreux bless&eacute;s palestiniens sont hospitalis&eacute;s en Isra&euml;l. Les t&eacute;l&eacute;visions du monde entier filment leur arriv&eacute;e, leur admission en soins intensifs ou dans des services de chirurgie d&rsquo;urgence. Le premier objet de tels reportages est &eacute;videmment de stigmatiser la <em>&laquo; disproportion &raquo;<\/em> militaire isra&eacute;lienne (pour reprendre la formule qu&rsquo;emploie alors le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise). Mais il y a, dans les images qu&rsquo;on diffuse, une contradiction que de nombreux t&eacute;l&eacute;spectateurs finissent par le relever : si les Isra&eacute;liens sont des <em>&laquo; barbares &raquo;,<\/em> pourquoi soignent-ils leurs <em>&laquo; victimes &raquo;<\/em> ? Et pourquoi celles-ci acceptent-elles d&rsquo;&ecirc;tre&nbsp; conduites chez eux ? <\/p>\n<p>L&rsquo;affaire se corse quand les m&ecirc;mes t&eacute;l&eacute;visions m&egrave;nent l&rsquo;enqu&ecirc;te un peu plus loin, et &eacute;voquent les malades ordinaires, non seulement palestiniens mais originaires du monde arabe tout entier, y compris de pays ne reconnaissant pas Isra&euml;l, qui affluent en permanence dans les h&ocirc;pitaux de J&eacute;rusalem, Tel-Aviv, Haifa, Beershevah. Finalement, le ministre palestinien de la Sant&eacute; publique, Fathi Abou Moughli, d&eacute;cide de r&eacute;agir. Il signe, toujours au mois de janvier,&nbsp; une directive qui suspend, pour les ressortissants des Territoires palestiniens, le remboursement des soins dispens&eacute;s dans des &eacute;tablissements isra&eacute;liens. Fathi Abou Moughli appartient au Fatah, le parti palestinien dit <em>&laquo; mod&eacute;r&eacute; &raquo; <\/em>du pr&eacute;sident palestinien Mahmoud Abbas. Il si&egrave;ge dans un gouvernement dirig&eacute; par Salem al-Fayed, l&rsquo;un des rares hommes politiques palestiniens qui se soient insurg&eacute;s, au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, contre la dictature sanglante, corrompue et suicidaire de Yasser Arafat. Ni Abbas, ni al-Fayed ne l&rsquo;ont emp&ecirc;ch&eacute; de promulguer son d&eacute;cret.<\/p>\n<p>Abou Moughli affirme dans un premier temps que sa d&eacute;cision ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux r&eacute;sidents de Gaza. Ceux-ci ne rel&egrave;vent depuis 2007 que du r&eacute;gime de facto institu&eacute; par le Hamas. On peut donc voir dans la d&eacute;marche du ministre palestinien une man&oelig;uvre purement politique dirig&eacute;e contre une organisation concurrente. Ce qui ne change rien &agrave; son caract&egrave;re &agrave; la fois odieux et d&eacute;risoire.<\/p>\n<p>Mais Abou Moughli &eacute;tend rapidement sa d&eacute;cision aux r&eacute;sidents de Cisjordanie qui, du fait de la r&eacute;occupation militaire du Territoire par Isra&euml;l en 2002, sont rest&eacute;s sous le contr&ocirc;le du Fatah. Dans une interview &agrave; Associated Press, il d&eacute;clare que son but est de <em>&laquo; d&eacute;livrer les Palestiniens de leur d&eacute;pendance envers la m&eacute;decine isra&eacute;lienne &raquo;,<\/em> et de priver Isra&euml;l <em>&laquo; d&rsquo;une campagne de propagande&hellip; pay&eacute;e par l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne&hellip;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p>Du jour au lendemain, les r&eacute;sident des Territoires palestiniens victimes d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;accidents cardiovasculaires ne sont plus conduits dans les h&ocirc;pitaux isra&eacute;liens (situ&eacute;s, le plus souvent, &agrave; quelques kilom&egrave;tres &agrave; peine) o&ugrave; ils pourraient &ecirc;tre sauv&eacute;s. Le m&ecirc;me sort frappe les malades de longue dur&eacute;e, dont la survie d&eacute;pend de chimioth&eacute;rapies, de radioth&eacute;rapies ou de transplantations d&rsquo;organe en milieu hospitalier isra&eacute;lien.<\/p>\n<p>Asil Manasra a six ans. Depuis huit mois, elle est soign&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Hadassah de J&eacute;rusalem pour une tuberculose qui est apparue en d&eacute;pit d&rsquo;une vaccination op&eacute;r&eacute;e par les services sanitaires de l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne. Au mois de f&eacute;vrier, en vertu de la directive Abou-Moughli, elle ne peut plus se rendre dans cet &eacute;tablissement. Faute d&rsquo;un traitement ad&eacute;quat, elle meurt au bout de huit jours.<\/p>\n<p>Toute personne admise en urgence dans un h&ocirc;pital isra&eacute;lien est soign&eacute;e gratuitement a priori. C&rsquo;est le cas des bless&eacute;s de Gaza &ndash; et d&rsquo;ailleurs. Si elle est couverte par un syst&egrave;me de sant&eacute; dans son pays de r&eacute;sidence, l&rsquo;h&ocirc;pital se tourne &eacute;ventuellement vers ce dernier a posteriori. Si elle est absolument sans ressource ni couverture, elle reste &agrave; la charge d&rsquo;Isra&euml;l. La petite Asil aurait peut-&ecirc;tre b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de cette derni&egrave;re proc&eacute;dure, si quelqu&rsquo;un y avait recouru. Malheureusement, son dossier s&rsquo;est enlis&eacute; dans les m&eacute;andres administratifs cr&eacute;&eacute;s par la directive Abou Moughli. <\/p>\n<p>Il y a tr&egrave;s longtemps de cela, deux prostitu&eacute;es se pr&eacute;sent&egrave;rent devant le roi Salomon, &agrave; J&eacute;rusalem. Chacune avait un b&eacute;b&eacute;. L&rsquo;un des deux &eacute;tait mort. Elles se disputaient le survivant. <em>&laquo; Coupez le b&eacute;b&eacute; en deux &raquo;, <\/em>dit le roi &agrave; son bourreau. <em>&laquo; D&rsquo;accord &raquo;, <\/em>dit l&rsquo;une des femmes. <em>&laquo; Non ! &raquo;, <\/em>dit la seconde. <em>&laquo; Donnez-le &agrave; l&rsquo;autre femme, mais qu&rsquo;il vive. &raquo;<\/em> Le roi d&eacute;cida : <em>&laquo; La seconde est la vraie m&egrave;re &raquo;. <\/em>L&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne, qui laisse souffrir et mourir des malades dans un but de politique int&eacute;rieure ou de <em>&laquo; contre-propagande &raquo; <\/em>anti-isra&eacute;lienne, est-elle la vraie m&egrave;re des Palestiniens ? Lisez, relisez et concluez.<\/p>\n<p><strong>&copy; Michel Gurfinkiel &amp; Hamodia, 2009<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Les rois arabes confient leurs chiens &agrave; Isra&euml;l. L&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne refuse que les enfants arabes soient soign&eacute;s<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/palestiniens-le-chien-et-lenfant\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Palestiniens\/ Le chien et l&apos;enfant &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[160],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=320"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1982,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320\/revisions\/1982"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}