{"id":355,"date":"2008-12-17T10:35:00","date_gmt":"2008-12-17T09:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=355"},"modified":"2021-01-14T21:13:46","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:46","slug":"arabie-saoudite-la-paix-selon-abdallah","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/arabie-saoudite-la-paix-selon-abdallah\/","title":{"rendered":"Arabie Saoudite\/ La paix selon Abdallah"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Cela fait quarante ans que Riyad lance des &laquo; plans de paix &raquo; au Proche-Orient. Obama sera-t-il convaincu par le nouveau plan d&rsquo;Abdallah ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le plan de paix saoudien est le serpent de mer de la diplomatie proche-orientale : sa premi&egrave;re mouture remonte &agrave; 1970. Il est d&rsquo;ailleurs moins saoudien qu&rsquo;am&eacute;ricano-saoudien. Et son but est moins d&rsquo;&eacute;tablir une paix durable entre Isra&euml;l et les pays arabes que de permettre &agrave; Washington et Riyad d&rsquo;occulter les contradictions de leurs politiques &eacute;trang&egrave;res respectives.<\/p>\n<p>Pendant la guerre froide, de 1945 &agrave; 1989, l&rsquo;Am&eacute;rique avait deux int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques majeurs au Proche et au Moyen-Orient : contr&ocirc;ler le p&eacute;trole et le gaz naturel et disposer de bases ou de points d&rsquo;appui militaires sur le flanc sud de l&rsquo;URSS. L&rsquo;alliance avec l&rsquo;Arabie Saoudite, mise en place par Roosevelt en 1944, semblait constituer &agrave; cet &eacute;gard un atout essentiel. Ce pays &eacute;tait &agrave; la fois le <em>&quot;gardien des Lieux Saints&quot;<\/em> musulmans &#8211; La Mecque et M&eacute;dine &#8211; et le premier producteur mondial de p&eacute;trole.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;Am&eacute;rique &eacute;tait par ailleurs amen&eacute;e &agrave; soutenir pour des raisons id&eacute;ologiques &ndash; la Bible, la d&eacute;mocratie, les droits de l&rsquo;homme &ndash; l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l, cr&eacute;&eacute; en 1948, que les Etats arabes et de nombreux Etats islamiques consid&egrave;raient comme un ennemi absolu. <\/p>\n<p>Pour compliquer un peu plus le probl&egrave;me, le ralliement de nombreux Etats arabes ou islamiques au camp sovi&eacute;tique &ndash;&nbsp; &agrave; commencer par l&rsquo;Egypte de Nasser entre 1953 et 1970 &ndash; puis l&rsquo;essor de l&rsquo;islamisme extr&eacute;miste ont donn&eacute; &agrave; Isra&euml;l une valeur strat&eacute;gique qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas n&eacute;cessairement &agrave; l&rsquo;origine.<\/p>\n<p>En 1944, l&rsquo;Arabie saoudite &eacute;tait un pays arri&eacute;r&eacute; et vuln&eacute;rable. Son int&eacute;r&ecirc;t national le disposait donc &agrave; une alliance &eacute;troite &ndash; une symbiose &eacute;conomique et s&eacute;curitaire &#8211; avec l&rsquo;Am&eacute;rique. Mais son id&eacute;ologie, le wahhabisme, prescrivait le djihad, une lutte permanente et multiforme (allant de l&rsquo;apostolat &agrave; la subversion politique et &agrave; la lutte arm&eacute;e) contre l&rsquo;Occident chr&eacute;tien et Isra&euml;l.<\/p>\n<p>Peu &agrave; peu, le royaume s&rsquo;est enrichi. Mais l&rsquo;alliance am&eacute;ricaine est rest&eacute;e n&eacute;cessaire. Et&nbsp; sur le plan des <em>&quot;repr&eacute;sentations&quot;,<\/em> l&rsquo;obligation id&eacute;ologique de combattre les civilisations chr&eacute;tienne et juive n&rsquo;a rien perdu de son intensit&eacute;. <\/p>\n<p>En temps normal, les Etats savent concilier ces besoins ou priorit&eacute;s th&eacute;oriquement inconciliables. Mais en temps de crise, l&rsquo;affaire est plus ardue. Les opinions publiques, soudain, se r&eacute;veillent, s&rsquo;interrogent, accusent. Ils faut r&eacute;pondre &agrave; leur attente. D&rsquo;une fa&ccedil;on ou d&rsquo;une autre. <\/p>\n<p>Dans le cas am&eacute;ricano-saoudien, la solution a consist&eacute; &agrave; lancer des man&oelig;uvres diplomatiques o&ugrave; les Saoudiens feraient figure de &laquo;<em> mod&eacute;r&eacute;s &raquo;<\/em> selon les crit&egrave;res occidentaux, et o&ugrave; les Am&eacute;ricains, selon les crit&egrave;res islamiques, sembleraient prendre leurs distances avec Isra&euml;l, ou l&rsquo;abandonner &agrave; son sort. <\/p>\n<p>La premi&egrave;re op&eacute;ration de ce type se d&eacute;roule en 1970, trois ans apr&egrave;s la guerre des Six Jours et alors que les Etats-Unis sont englu&eacute;s au Vietnam. Le roi Fay&ccedil;al d&rsquo;Arabie Saoudite observe que la paix sera impossible au Moyen-Orient tant qu&rsquo;Isra&euml;l ne sera pas revenu aux lignes ant&eacute;rieures &agrave; 1967 : le secr&eacute;taire d&rsquo;Etat William Rogers amplifie ces propos et les interpr&egrave;te comme une promesse de paix en cas d&rsquo;&eacute;vacuation. <\/p>\n<p>J&eacute;rusalem oppose une fin de non-recevoir : la proposition saoudienne est trop vague, et le royaume, de toute fa&ccedil;on, n&rsquo;est pas la principale puissance arabe. Le Congr&egrave;s am&eacute;ricain rejette &eacute;galement le plan Fay&ccedil;al-Rogers. Car un retrait isra&eacute;lien ne b&eacute;n&eacute;ficierait qu&rsquo;&agrave; des alli&eacute;s de l&rsquo;URSS : l&rsquo;Egypte, la Syrie et les confr&eacute;ries terroristes palestiniennes.<\/p>\n<p>Au milieu des ann&eacute;es 1970, &agrave; la suite de la guerre du Kippour et de la premi&egrave;re crise p&eacute;troli&egrave;re, les relations am&eacute;ricano-saoudiennes se distendent quelque peu : soudain enrichi, le royaume se rencentre sur son identit&eacute; wahhabite et donc sur l&rsquo;id&eacute;ologie du djihad. Les Etats-Unis croient trouver un alli&eacute; plus fiable : l&rsquo;Iran, pays p&eacute;trolier musulman mais non-arabe, qui entretient des relations de facto avec Isra&euml;l. Ils misent &eacute;galement sur l&rsquo;Egypte, o&ugrave; Anouar el-Sadate, le successeur de Nasser, rompt avec la Russie et s&rsquo;engage, en 1977, dans des n&eacute;gociations directes avec l&rsquo;Etat juif.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;axe Washington-Riyad se reconstitue &agrave; partir de 1979, devant une s&eacute;rie de crises majeures : la r&eacute;volution islamique iranienne, la guerre entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Irak, la seconde crise p&eacute;troli&egrave;re, l&rsquo;invasion sovi&eacute;tique en Afghanistan. Le 8 ao&ucirc;t 1981, le prince h&eacute;ritier d&rsquo;Arabie saoudite Fahd ibn Abdelaziz lance un second plan de paix.&nbsp; Plus &eacute;labor&eacute; en que celui de 1970 &ndash; pas moins de huit <em>&laquo; points &raquo; <\/em>sp&eacute;cifiques &#8211; , il ne r&eacute;pond en rien aux attentes des Isra&eacute;liens. Il y est question d&rsquo;un <em>&laquo; Etat palestinien avec J&eacute;rusalem pour capitale &raquo;,<\/em> assorti du <em>&laquo; droit au retour des r&eacute;fugi&eacute;s arabes &raquo;<\/em> : ce qui revient &agrave; nier la l&eacute;gitimit&eacute; ethnique et religieuse de l&rsquo;Etat juif (<em>&quot;Si je t&apos;oublie J&eacute;rusalem&#8230;&quot;<\/em> &#8211; Psaumes, CXXXVII, 5) et &agrave; exiger sa dissolution &agrave; travers une dilution d&eacute;mographique. Avec une brutalit&eacute; inou&iuml;e, les Am&eacute;ricains tentent cependant l&rsquo;imposer &agrave; Isra&euml;l pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1982, &agrave; la suite des op&eacute;rations de Tsahal au Liban. Ils y renoncent quelques mois plus tard, apr&egrave;s leur propre d&eacute;confiture &agrave; Beyrouth face au terrorisme syrien et chiite. <\/p>\n<p>En 2002, un autre prince h&eacute;ritier saoudien, Abdallah ibn Abdelaziz,&nbsp; connu pour&nbsp; ses positions <em>&quot;nationalistes arabes&quot;,<\/em> propose une troisi&egrave;me version dans une interview accord&eacute;e &agrave; un journaliste am&eacute;ricain d&rsquo;origine juive, Thomas Friedmann : paix compl&egrave;te entre les pays arabes et Isra&euml;l, retour aux lignes de 1967, retour des r&eacute;fugi&eacute;s arabes. Objectif de Riyad: redorer un blason de <em>&laquo; pays arabe mod&eacute;r&eacute; &raquo;<\/em> au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, o&ugrave; presque tous les terroristes &eacute;taient saoudiens. Ariel Sharon n&rsquo;est pas dupe et rejette le document.<\/p>\n<p>Le 1er ao&ucirc;t 2005, Abdallah devient roi d&rsquo;Arabie Saoudite. Il relance son plan de paix. En faisant intervenir des restrictions mineures, mais significatives. Les lignes de 1967 pourraient &ecirc;tre modifi&eacute;es &ccedil;a et l&agrave;. Et le droit au retour pourrait &ecirc;tre restreint &agrave; une partie seulement des r&eacute;fugi&eacute;s arabes. Sharon prend ce projet de haut. Mais le gouvernement Ehud Olmert, &agrave; partir de 2006, manifeste de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. Selon les informations dont Hamodia dispose, Olmert l&rsquo;endosse tel quel. Il se d&eacute;clare pr&ecirc;t &agrave; accepter 100 000 r&eacute;fugi&eacute;s &ndash; ou r&eacute;put&eacute;s tels &ndash; en Isra&euml;l. Tsipi Livni est plus r&eacute;serv&eacute;e : elle accepte le retour aux lignes de 1967, mais exige que les r&eacute;fugi&eacute;s &laquo; reviennent &raquo; dans l&rsquo;Etat palestinien, en Cisjordanie ou &agrave; Gaza.&nbsp; <\/p>\n<p>Le plan saoudien actuel, comme les pr&eacute;c&eacute;dents, est un produit destin&eacute; au march&eacute; am&eacute;ricain. Barack Obama est-il convaincu ? Ou demandera-t-il aux dirigeants de Riyad d&rsquo;apporter, s&rsquo;ils le peuvent,&nbsp; la preuve de leur bonne volont&eacute; r&eacute;elle ?<\/p>\n<p><strong>&copy; Michel Gurfinkiel &amp; Hamodia, 2008<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Cela fait quarante ans que Riyad lance des &laquo; plans de paix &raquo; au Proche-Orient. Obama sera-t-il convaincu par le nouveau plan d&rsquo;Abdallah ?<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/arabie-saoudite-la-paix-selon-abdallah\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Arabie Saoudite\/ La paix selon Abdallah &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[170],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/355"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=355"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/355\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2074,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/355\/revisions\/2074"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=355"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}