{"id":379,"date":"2008-07-15T10:43:00","date_gmt":"2008-07-15T08:43:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=379"},"modified":"2021-01-14T21:13:47","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:47","slug":"sur-le-vif-3-les-contradictions-du-14-juillet","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/sur-le-vif-3-les-contradictions-du-14-juillet\/","title":{"rendered":"Sur le Vif, 3 \/ Les contradictions du 14 juillet"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Ce qui se dit &agrave; la tribune, et ce qu&rsquo;on voit sur les Champs-Elys&eacute;es.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet 2008 ? Un oxymore. Il n&rsquo;est question, pendant cette c&eacute;r&eacute;monie, que des droits de l&rsquo;homme et de la paix. Un artiste, Kad Merad, lit les premi&egrave;res lignes de la D&eacute;claration universelle de 1948. Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Onu, Ban Ki-Moon, si&eacute;ge &agrave; la tribune officielle, assis aux c&ocirc;t&eacute;s du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Nicolas Sarkozy. Des dizaines de chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement les entourent, p&eacute;tris de bons sentiments : la plupart viennent de participer &agrave; la premi&egrave;re r&eacute;union de l&rsquo;Union pour la M&eacute;diterran&eacute;e, qui doit rapprocher les rives nord et sud, l&rsquo;Occident et l&rsquo;Orient. Le dictateur syrien, Bachar el-Assad, se tient &agrave; quelques m&egrave;tres &agrave; peine de son ennemi Ehoud Olmert, le premier ministre d&rsquo;Isra&euml;l. Les deux hommes ne parlent pas en public. Ils l&rsquo;ont probablement fait en priv&eacute;.<\/p>\n<p>Mais sur les Champs-Elys&eacute;es, pendant ce temps, que voit-on ? Des soldats, des armes, des chars. Auxquels r&eacute;pondent, dans le ciel, des avions de combat. La force brute, donc, la guerre, ou du moins leurs instruments. Personne, ni Sarkozy, ni ses h&ocirc;tes, ni les journalistes qui commentent l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, ne semble relever la contradiction. C&rsquo;est la tradition, pense-t-on. Le 14 juillet, l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise d&eacute;file, et le peuple la complimente. Fran&ccedil;ois Mitterrand, en son temps, avait eu l&rsquo;intuition d&rsquo;un autre cort&egrave;ge. Pour c&eacute;l&eacute;brer le bicentenaire de la r&eacute;volution de 1789, il avait demand&eacute; &agrave; Jean-Paul Goude, sur les m&ecirc;mes Champs-Elys&eacute;es, une parade toute civile : accord&eacute;onistes, danseuses de biguine, mineurs de fond, marins p&eacute;cheurs, demoiselles de la poste&hellip; Goude tira le spectacle vers le surr&eacute;alisme, et ce fut un franc succ&egrave;s. Pourtant, l&rsquo;an suivant, Mitterrand r&eacute;gnant toujours sur la France, le d&eacute;fil&eacute; fut militaire, &agrave; nouveau. Sarkozy, en 2008, joue le classicisme. En d&eacute;pit du d&eacute;calage entre ce qu&rsquo;il dit et ce qu&rsquo;il montre.<\/p>\n<p>A moins que tout ceci n&rsquo;ait &eacute;t&eacute; voulu. L&rsquo;oxymore r&eacute;v&egrave;le, le plus souvent, une v&eacute;rit&eacute; inavouable. En l&rsquo;occurrence qu&rsquo;on ne peut discourir du droit et de la paix sans brandir la force. Ou pour &ecirc;tre plus net encore, que la force fonde le droit et la puissance militaire, la paix. <em>&laquo; Le droit est l&rsquo;interm&egrave;de des forces &raquo;<\/em>, disait Paul Val&eacute;ry. Si la France n&rsquo;&eacute;tait pas encore, en quelque mesure, une grande puissance, une puissance arm&eacute;e, les rois et les pr&eacute;sidents ne se soucieraient pas de ses initiatives diplomatiques, si louables qu&rsquo;elles fussent. Kad Merad, en parlant de la D&eacute;claration de 1948, aurait &eacute;t&eacute; dans son vrai r&ocirc;le, faire rire. Et Assad n&rsquo;aurait pas fait le voyage de Paris.<\/p>\n<p><strong>&copy; Michel Gurfinkiel, 2008<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Ce qui se dit &agrave; la tribune, et ce qu&rsquo;on voit sur les Champs-Elys&eacute;es.<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/sur-le-vif-3-les-contradictions-du-14-juillet\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Sur le Vif, 3 \/ Les contradictions du 14 juillet &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[181],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2118,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions\/2118"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}