{"id":397,"date":"2008-03-07T13:51:00","date_gmt":"2008-03-07T12:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=397"},"modified":"2021-01-14T21:13:47","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:47","slug":"france-le-contre-pouvoir-municipal","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/france-le-contre-pouvoir-municipal\/","title":{"rendered":"France\/ Le contre-pouvoir municipal"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Les Fran&ccedil;ais voient dans l&rsquo;institution municipale, m&ecirc;me ou surtout quand elle est minuscule, un antidote &agrave; un Etat trop lourd et &agrave; une Europe envahissante.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les 9 et 16 mars 2008, les Fran&ccedil;ais vont renouveler leurs conseils municipaux. En principe, ces &eacute;lections auraient du avoir lieu l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re : les &eacute;diles sont en effet &eacute;lus pour six ans, et le scrutin pr&eacute;c&eacute;dent s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute; en 2001. Mais 2007 &eacute;tait une date&nbsp; extr&ecirc;mement charg&eacute;e : des pr&eacute;sidentielles en avril et en mai, suivies de l&eacute;gislatives. Le parlement avait donc d&eacute;cid&eacute;, comme la constitution lui en donne le droit, de proroger d&rsquo;un an le mandat des conseils municipaux sortants.<\/p>\n<p>La France compte 36 000 municipalit&eacute;s. Un chiffre exceptionnellement &eacute;lev&eacute; : &agrave; population &eacute;gale, la plupart des pays de l&rsquo;Union europ&eacute;enne en comptent moins de 10 000. H&eacute;riti&egrave;res des <em>&laquo; paroisses &raquo; <\/em>de l&rsquo;Ancien R&eacute;gime, ces communes cr&eacute;&eacute;es &agrave; la fin du XVIIIe si&egrave;cle correspondaient autrefois &agrave; la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un pays agricole. Aujourd&rsquo;hui, la plupart d&rsquo;entre elles ne sont plus que des coquilles vides, fortes de quelques centaines d&rsquo;habitants seulement, ou m&ecirc;me quelques dizaines. Boule d&rsquo;Amont, dans les Pyr&eacute;n&eacute;es Orientales, comptait 536 habitants en 1834,&nbsp; 185 en 1926, 73 en 1999. Sur le papier, sa population actuelle se situe un peu en dessous de 70 habitants. Mais la plupart de ces citoyens ne sont en fait que des propri&eacute;taires de r&eacute;sidences secondaires, qui ne passent au mieux que deux ou trois mois par an dans la commune. Au village, il n&rsquo;y a plus que 18 personnes, enfants compris.<\/p>\n<p>Le m&ecirc;me morcellement se retrouve dans les zones urbanis&eacute;es. Depuis le Second Empire &ndash; 1852-1870 &ndash; on n&rsquo;a pas proc&eacute;d&eacute; en France &agrave; des regroupements autoritaires de communes : les <em>&laquo; grandes villes &raquo;<\/em> sont donc fig&eacute;es &agrave; des dimensions d&rsquo;un autre temps. L&rsquo;agglom&eacute;ration parisienne recouvre une dizaine de d&eacute;partements. Elle&nbsp; compte une quinzaine de millions d&rsquo;habitants. Mais Paris proprement dit &ndash; la Ville de Paris, ou <em>&laquo; Paris intra-muros &raquo;<\/em>, circonscrite par le boulevard p&eacute;riph&eacute;rique et les bois de Boulogne et de Vincennes &ndash; s&rsquo;&eacute;tend sur 105 kilom&egrave;tres carr&eacute;s seulement et compte moins de 2 millions d&rsquo;habitants. Le reste de l&rsquo;agglom&eacute;ration s&rsquo;atomise en centaines de communes de tailles diverses, mais &eacute;gales en droit, de Saint-Mand&eacute; (0,9 kilom&egrave;tre carr&eacute;, 20 000 habitants) &agrave; Versailles (26 kilom&egrave;tres carr&eacute;s, 80 000 habitants) ou Evry (8 kilom&egrave;tres carr&eacute;s, 100 000 habitants). <\/p>\n<p>Certes, des <em>&laquo; communaut&eacute;s&nbsp; d&rsquo;agglom&eacute;rations &raquo; <\/em>ou <em>&laquo; communaut&eacute;s urbaines &raquo;<\/em> f&eacute;d&egrave;rent de nombreuses communes, notamment en vue de r&eacute;gler des probl&egrave;mes logistiques (transports, questions li&eacute;es &agrave; l&rsquo;environnement). Le pouvoir v&eacute;ritable reste cependant aux mains des communes et de leurs maires, et les projets de r&eacute;forme tendant &agrave; modifier cette situation sont extr&ecirc;mement impopulaires : &agrave; bien des &eacute;gards, les Fran&ccedil;ais voient dans l&rsquo;institution municipale, m&ecirc;me ou surtout quand elle est minuscule, une <em>&laquo; structure de proximit&eacute; &raquo; <\/em>qui fait contrepoids &agrave; une bureaucratie &eacute;tatique trop lourde et trop centralis&eacute;e, ainsi qu&rsquo;&agrave; la bureaucratie europ&eacute;enne.<\/p>\n<p>Dans toutes les d&eacute;mocraties, les &eacute;lecteurs tendent &agrave; s&eacute;parer les enjeux locaux des enjeux nationaux et donc &agrave; diversifier leurs choix politiques. Les Fran&ccedil;ais ne font pas exception : en 2001, sous un gouvernement de gauche, ils ont &eacute;lu des maires de droite (sauf &agrave; Paris et Lyon) ; puis, s&apos;&eacute;tant prononc&eacute;s pour un pr&eacute;sident et un parlement de droite en 2002, ils ont donn&eacute; l&apos;avantage &agrave; la gauche aux r&eacute;gionales de 2004. S&apos;&eacute;tant &agrave; nouveau port&eacute;s &agrave; droite &agrave; la pr&eacute;sidentielle et aux l&eacute;gislatives de 2007, ils pourraient, si l&apos;on en croit les sondages, basculer &agrave; gauche aux municipales de 2008. Si cette hypoth&egrave;se se v&eacute;rifie, Paris, Lyon et Lille devraient rester aux mains des socialistes, Toulouse, Strasbourg ou Bordeaux pourraient tomber,&nbsp; et Marseille elle-m&ecirc;me serait menac&eacute;e. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne pourrait &ecirc;tre doublement amplifi&eacute; : par une plus forte mobilisation d&rsquo;une gauche ulc&eacute;r&eacute;e par ses d&eacute;faites de 2007 au plan national, mais aussi une d&eacute;mobilisation d&rsquo;une droite d&eacute;&ccedil;ue par Nicolas Sarkozy. <\/p>\n<p><strong><br \/>\n&copy; Michel Gurfinkiel, 2008<\/strong>\n<\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Les Fran&ccedil;ais voient dans l&rsquo;institution municipale, m&ecirc;me ou surtout quand elle est minuscule, un antidote &agrave; un Etat trop lourd et &agrave; une Europe envahissante.<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/france-le-contre-pouvoir-municipal\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: France\/ Le contre-pouvoir municipal &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[188],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/397"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=397"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/397\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2154,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/397\/revisions\/2154"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=397"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=397"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=397"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}