{"id":411,"date":"2007-11-20T11:34:17","date_gmt":"2007-11-20T10:34:17","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=411"},"modified":"2021-01-14T21:13:47","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:47","slug":"annapolis-la-preuve-par-lambassadeur","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/annapolis-la-preuve-par-lambassadeur\/","title":{"rendered":"Annapolis\/ La preuve par l&apos;ambassadeur"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Quand Sa&euml;b Erekat, le n&eacute;gociateur en chef palestinien, propose de &quot;d&eacute;juda&iuml;ser&quot; Isra&euml;l, c&apos;est &agrave; dire de l&apos;islamiser&#8230;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dis-moi quel ambassadeur tu m&rsquo;envoies, et je te dirai quelle paix tu me proposes. <\/p>\n<p>En 1995, au lendemain des accords d&rsquo;Oslo, Yasser Arafat avait nomm&eacute; Sa&euml;b Erekat &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&eacute;quipe charg&eacute;e de n&eacute;gocier un r&egrave;glement final avec Isra&euml;l. Cet homme alors &acirc;g&eacute; de quarante ans pr&eacute;sentait trois qualit&eacute;s : c&rsquo;&eacute;tait un journaliste &ndash; il occupait les fonctions de r&eacute;dacteur en chef au journal nationaliste palestinien <em>Al-Quds<\/em> &ndash; ; il parlait parfaitement l&rsquo;anglais, ayant fait des &eacute;tudes sup&eacute;rieures en Californie et en Angleterre ; enfin, il manifestait une docilit&eacute; politique absolue. <\/p>\n<p>Ce profil ne faisait pas n&eacute;cessairement de lui un bon diplomate, ni a fortiori l&rsquo;homme d&rsquo;Etat qui pouvait trouver et imposer des solutions aux nombreux probl&egrave;mes encore en suspens entre la r&eacute;publique juive et le mouvement palestinien. Mais telle n&rsquo;&eacute;tait pas, en r&eacute;alit&eacute;, sa mission. Ce qu&rsquo;Arafat attendait de lui, c&rsquo;&eacute;tait de mener, sous pr&eacute;texte et sous couvert de n&eacute;gociation, une offensive m&eacute;diatique contre Isra&euml;l qui, &agrave; plus long terme, allait justifier la rupture du processus de paix et une nouvelle offensive terroriste. <\/p>\n<p>Dans ce r&ocirc;le, Erekat fut en effet efficace pendant cinq ans, et quelquefois brillant. Dispensant tour &agrave; tour le chaud et le froid, il pr&eacute;serva le concept de pourparlers bilat&eacute;raux jusqu&rsquo;au sommet de Camp David, pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2000, o&ugrave; Arafat rejeta le plan de paix pr&eacute;sent&eacute; par le&nbsp; premier ministre isra&eacute;lien Ehud Barak, et m&ecirc;me au-del&agrave;, jusqu&rsquo;au d&eacute;clenchement de la <em>&laquo; Seconde Intifada &raquo;<\/em> au d&eacute;but de l&rsquo;automne.<\/p>\n<p>La suite fut moins convaincante. Au printemps 2002, alors qu&rsquo;Isra&euml;l r&eacute;occupait la Cisjordanie, il consacra beaucoup de temps &agrave; promouvoir la th&egrave;se d&rsquo;un <em>&laquo; massacre de civils &raquo;<\/em>&nbsp; perp&eacute;tr&eacute; par Tsahal &agrave; Dj&eacute;nine, au nord du territoire : affirmant le 10 avril que les Isra&eacute;liens avaient tu&eacute; 500 civils palestiniens; faisant &eacute;tat, le&nbsp; 12 avril, de 300 victimes, enfouis dans des fosses communes ; le 15, de <em>&laquo; crimes de guerre &raquo;,<\/em> sans plus de pr&eacute;cisions ; revenant, le 17, au chiffre de 500 morts dans une interview &agrave; CNN. Erekat s&rsquo;oubliait, et laissait le propagandiste qu&rsquo;il &eacute;tait supplanter, en lui, le n&eacute;gociateur qu&rsquo;il &eacute;tait cens&eacute; &ecirc;tre. Qui plus est, en s&rsquo;obstinant dans des accusations fluctuantes et sans fondement.<\/p>\n<p>En 2003, Erekat fit semblant de rompre avec le syst&egrave;me Arafat. Il d&eacute;missionna de ses fonctions de n&eacute;gociateur au mois de mai. Mais accepta de le reprendre au mois de septembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e. Quand il succ&eacute;da au ra&iuml;s, fin 2004, Abbas s&rsquo;empressa de confirmer Erekat &agrave; son poste. Le mouvement islamiste Hamas fit de m&ecirc;me apr&egrave;s sa victoire aux l&eacute;gislatives palestiniennes, en 2006.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, Erekat pr&eacute;pare la conf&eacute;rence d&rsquo;Annapolis au nom de Mahmoud Abbas et de son nouveau premier ministre, le lib&eacute;ral Salem al-Fayed. Le 13 novembre, il a fait savoir que les Palestiniens ne signeraient aucun accord avec Isra&euml;l tant que celui-ci se d&eacute;finirait comme un <em>&laquo; Etat juif &raquo;,<\/em> dans la mesure o&ugrave; <em>&laquo; la religion et la politique doivent &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;es &raquo;. <\/em>Pour un repr&eacute;sentant de l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne, o&ugrave; l&rsquo;islam est la religion officielle, ce n&rsquo;est pas trop mal. Pour un n&eacute;gociateur mandat&eacute; par une entit&eacute; membre de la Ligue arabe, dont vingt-et-un membres sur vingt-deux se d&eacute;finissent comme <em>&laquo; islamiques &raquo;<\/em>, ce n&rsquo;est pas mal non plus. <\/p>\n<p>Dis-moi quel ambassadeur tu m&rsquo;envoies, et je te dirai quelle paix tu me proposes. Si Abbas &ndash; et al-Fayed &ndash; se font repr&eacute;senter par Erekat en 2007, et si celui-ci tient de tels propos, cela signifie quelque chose. Exiger d&rsquo;Isra&euml;l qu&rsquo;il renonce &agrave; son identit&eacute; juive, c&rsquo;est formuler en fait deux nouvelles revendications, activables d&egrave;s la signature &eacute;ventuelle d&rsquo;un trait&eacute; de paix : <\/p>\n<p>1. Un Isra&euml;l qui ne serait plus d&eacute;fini comme <em>&laquo; juif &raquo;<\/em> devrait abolir la Loi du Retour, qui permet &agrave; tous les Juifs du monde, et m&ecirc;me aux non-juifs pouvant &eacute;tablir une ascendance juive partielle, d&rsquo;y immigrer ou d&rsquo;y b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un asile. <\/p>\n<p>2. Un Isra&euml;l <em>&laquo; d&eacute;juda&iuml;s&eacute; &raquo;<\/em> devrait acc&eacute;der &agrave; toutes les revendications de sa minorit&eacute; arabe et se transformer en Etat binational jud&eacute;o-arabe. Les Palestiniens disposeraient ainsi de leur Etat proprement dit, r&eacute;gi par la chariah, et d&rsquo;un Etat bis, une sorte de second Liban o&ugrave; une la&iuml;cit&eacute; de fa&ccedil;ade couvrirait une islamisation rampante. <\/p>\n<p>Revendications habiles. La faiblesse id&eacute;ologique structurelle dont Isra&euml;l fait preuve face au nationalisme palestinien,&nbsp; depuis la <em>&laquo; r&eacute;volution constitutionnelle &raquo;<\/em> de 1992 &ndash; qui a plac&eacute; la Cour supr&ecirc;me au dessus du parlement &#8211;&nbsp; et les accords d&apos;Oslo de 1993,&nbsp; a favoris&eacute; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un formidable mouvement s&eacute;cessionniste chez tous les Arabes isra&eacute;liens : en Galil&eacute;e, &agrave; Gaza, dans le N&eacute;guev, chez les paysans sunnites, mais aussi chez les B&eacute;douins et m&ecirc;me les Druzes, jusqu&rsquo;ici plut&ocirc;t fid&egrave;les &agrave; l&rsquo;Etat. Pr&egrave;s de 20 % de la population isra&eacute;lienne aujourd&rsquo;hui, 25 % demain. Il n&rsquo;y a gu&egrave;re que les Arabes chr&eacute;tiens, &agrave; faible d&eacute;mographie et peu &agrave; peu instruits par le sort de leurs fr&egrave;res du Liban et de Cisjordanie, pour adopter un profil plus bas dans cette affaire. <\/p>\n<p>Tsipi Livni, la ministre isra&eacute;lienne des Affaires &eacute;trang&egrave;res, a fort justement remarqu&eacute; le 18 novembre, en recevant son homologue fran&ccedil;ais Bernard Kouchner, que la cr&eacute;ation d&rsquo;un Etat palestinien en Cisjordanie et &agrave; Gaza devait &eacute;teindre toute revendication irr&eacute;dentiste palestinienne ou arabe, tant &agrave; propos des fronti&egrave;res d&rsquo;Isra&euml;l que de sa politique int&eacute;rieure. <em>&laquo; On ne peut pas gagner sur les deux tableaux &raquo;<\/em>, a-t-elle observ&eacute;.<\/p>\n<p>Le fait est malheureusement que Mahmoud Abbas et m&ecirc;me l&rsquo;honorable Salem al-Fayed montrent, en conservant Erekat &agrave; son poste et en encourageant les sc&eacute;cessionnistes arabes isra&eacute;liens, que c&rsquo;est exactement leur intention.<\/p>\n<p>\n<strong>&copy; Michel Gurfinkiel, 2007<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Quand Sa&euml;b Erekat, le n&eacute;gociateur en chef palestinien, propose de &quot;d&eacute;juda&iuml;ser&quot; Isra&euml;l, c&apos;est &agrave; dire de l&apos;islamiser&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/annapolis-la-preuve-par-lambassadeur\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Annapolis\/ La preuve par l&apos;ambassadeur &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[35],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/411"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=411"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/411\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2195,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/411\/revisions\/2195"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=411"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=411"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=411"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}