{"id":412,"date":"2007-10-28T13:25:00","date_gmt":"2007-10-28T12:25:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=412"},"modified":"2021-01-14T21:13:48","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:48","slug":"etats-unis-les-pixels-ne-mentent-jamais","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/etats-unis-les-pixels-ne-mentent-jamais\/","title":{"rendered":"Etats-Unis\/ Les pixels ne mentent jamais"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Que reste-t-il de Condoleezza Rice ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pauvre Condoleezza Rice. Elle avait tout pour plaire. Jolie, &eacute;l&eacute;gante, brillante, tenace, elle semblait incarner en ce d&eacute;but de XXIe si&egrave;cle &agrave; la fois la r&eacute;ussite des Noirs am&eacute;ricains et celle des femmes. En 2004, sa nomination &agrave; la t&ecirc;te du D&eacute;partement d&rsquo;Etat &#8211; &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de cinquante ans tout juste &ndash; lui donnait m&ecirc;me ce que l&rsquo;on appelle <em>&laquo; un destin national &raquo;. <\/em>Certains commentateurs commen&ccedil;aient &agrave; voir en elle une candidate r&eacute;publicaine potentielle pour les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles de 2008, face &agrave; une autre femme, Hillary Clinton, s&eacute;natrice d&eacute;mocrate de l&rsquo;Etat de New York.&nbsp; <\/p>\n<p>Mais Rice n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; qu&rsquo;une image. Et rien n&rsquo;est plus dangereux pour une image que d&rsquo;&ecirc;tre trop fortement agrandie : nous avons tous fait l&rsquo;exp&eacute;rience, avec la photographie num&eacute;rique, de merveilleux portraits ou de somptueux clich&eacute;s de vacances qui perdent leur nettet&eacute; ou leur &eacute;clat quand on les porte une dimension trop loin. Les pixels ne mentent jamais.<\/p>\n<p>Devenue secr&eacute;taire d&rsquo;Etat, Rice s&rsquo;est vid&eacute;e de toute substance. Ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment, elle a montr&eacute; qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait jamais eu. Elle a voyag&eacute;, certes : le long p&eacute;riple plan&eacute;taire des VIP, de lounge en tapis rouge. Cela lui a permis d&rsquo;essayer toutes les tenues haute couture du moment : pourquoi pas ? Mais a-t-elle pour autant esquiss&eacute;, sinon mis en place, une politique ? Non, alors qu&rsquo;elle &eacute;tait th&eacute;oriquement bien plac&eacute;e pour le faire.&nbsp; <\/p>\n<p>Regardons son C. V.&nbsp; Apr&egrave;s des &eacute;tudes assez quelconques &ndash; elle n&rsquo;a jamais b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de ces bourses qui permettent aux &eacute;l&egrave;ves dou&eacute;s de toute origine et en particulier aux membres des minorit&eacute;s ethniques de fr&eacute;quenter les tr&egrave;s grandes universit&eacute;s am&eacute;ricaines ou europ&eacute;ennes, de Harvard &agrave; Oxford, et s&rsquo;est content&eacute; d&rsquo;&eacute;tablissements moyens, tels que Notre-Dame ou Denver -, Rice a un coup de g&eacute;nie en termes de carri&egrave;re : elle se laisse coopter par le parti r&eacute;publicain de Ronald Reagan, qui cherche d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment &agrave;&nbsp; &eacute;chapper &agrave; sa r&eacute;putation de &laquo; parti blanc &raquo;, et obtient gr&acirc;ce &agrave; ce patronage un poste de professeur sp&eacute;cialis&eacute; dans les relations Est-Ouest &agrave; la prestigieuse universit&eacute; californienne de Stanford. De 1984 &agrave; 1995, la seule p&eacute;riode o&ugrave; elle publie des livres ou des articles &agrave; caract&egrave;re universitaire, elle ne traite que de l&rsquo;URSS et du bloc communiste, puis de l&rsquo;ex-URSS et de l&rsquo;ex-bloc communiste. Elle devrait donc avoir d&eacute;velopp&eacute; un flair, une intuition ou du moins une expertise, sur la Russie ou l&rsquo;Eurasie. Mais non. La secr&eacute;taire d&rsquo;Etat Condoleezza Rice ne dit rien sur le sujet.&nbsp; Le fait essentiel des ann&eacute;es 2000, la r&eacute;surgence du totalitarisme en Russie sous Vladimir Poutine, elle le contourne. Le r&ocirc;le ambigu, pour ne pas dire pervers, que la Russie actuelle joue dans l&rsquo;affaire iranienne &ndash; et dont rendent compte de nombreux experts am&eacute;ricains, appartenant aux deux partis -, elle ne le rel&egrave;ve pas. A d&rsquo;autres de s&rsquo;en soucier et de prendre les d&eacute;cisions difficiles : le pr&eacute;sident George W. Bush, le vice-pr&eacute;sident Dick Cheney, le Pentagone m&ecirc;me apr&egrave;s le d&eacute;part de Donald Rumsfeld.<\/p>\n<p>Son seul vrai souci, c&rsquo;est le Moyen-Orient, l&rsquo;Iran, l&rsquo;Irak. La seule mission qu&rsquo;elle revendique aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est en fait de sortir l&rsquo;Am&eacute;rique d&rsquo;un bourbier o&ugrave; l&rsquo;auraient pr&eacute;cipit&eacute; les n&eacute;conservateurs &ndash; en langage cod&eacute; : le lobby juif am&eacute;ricain &#8211; en renversant Saddam Hussein en 2003. Et le moyen qu&rsquo;elle pr&eacute;conise, c&rsquo;est, bien &eacute;videmment, de faire payer Isra&euml;l, en imposant &agrave; cet Etat dans le cadre d&rsquo;une conf&eacute;rence internationale &ndash; Annapolis, novembre 2007 &#8211; le Munich qu&rsquo;il m&eacute;rite depuis longtemps. On aura reconnu le plan formul&eacute; en 2006 par ses deux mentors ou parrains de toujours, l&rsquo;ancien secr&eacute;taire d&rsquo;Etat am&eacute;ricain James Baker, dit <em>&laquo; J. R. &raquo;,<\/em> comme dans le feuilleton Dallas, et l&rsquo;atroce amiral Brent Scowcraft, ancien adjoint de Baker, dit &laquo; le papillon &agrave; t&ecirc;te de mort &raquo;.<\/p>\n<p>Ce qui appelle deux remarques.<\/p>\n<p>Premi&egrave;rement, si l&rsquo;Irak a tourn&eacute; au d&eacute;sastre (prions Dieu pour que l&rsquo;Am&eacute;rique finisse par reprendre la situation en main), les personnes qui en &eacute;taient charg&eacute;es apr&egrave;s la victoire y sont certainement pour quelque chose. Qui &eacute;tait la responsable ultime du dossier irakien en 2003 et 2004 ? Condoleezza Rice, en tant que pr&eacute;sidente du Conseil national de s&eacute;curit&eacute; des Etats-Unis.<\/p>\n<p>Deuxi&egrave;mement, Condoleezza Rice, qui parlait nagu&egrave;re de son exp&eacute;rience de petite fille noire victime de la discrimination en Alabama au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960 pour expliquer, devant des auditoires juifs, son soutien &agrave; Isra&euml;l, cite &agrave; nouveau cette exp&eacute;rience pour justifier son empathie envers la cause palestinienne. Une sensibilit&eacute; bien &eacute;lastique.<\/p>\n<p>Mais que fait Rice, dans ce cas, du pass&eacute; de son patron de toujours, James Baker ? La famille Baker appartient &agrave; l&rsquo;aristocratie de cet Etat. Le fondateur de la dynastie, James Baker Ier, a &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des fondateurs de la R&eacute;publique du Texas, l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re Etat ind&eacute;pendant arrach&eacute; au Mexique en 1836 puis int&eacute;gr&eacute; aux Etats-Unis en 1845. La dynastie a &eacute;videmment pris le parti du Sud esclavagiste pendant la guerre de S&eacute;cession. Et dans les ann&eacute;es 1960, James Baker III, celui dont nous parlons, <em>&laquo; J. R. &raquo;<\/em> lui-m&ecirc;me, a quitt&eacute; le parti d&eacute;mocrate, jusque l&agrave; alli&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me-droite blanche&nbsp; du Sud, pour le parti r&eacute;publicain, jusque l&agrave; honni pour avoir &eacute;t&eacute; celui de Lincoln, mais devenu, avec Barry Goldwater, le dernier rempart de la s&eacute;gr&eacute;gation.<\/p>\n<p>Au m&ecirc;me moment, toute la communaut&eacute; juive am&eacute;ricaine se mobilisait pour les droits civiques. Pour les droits, entre autres, d&rsquo;une certaine Mademoiselle Rice.<\/p>\n<p>\n<strong>&copy; Michel Gurfinkiel, 2007<\/strong><\/p>\n<p><strong>Special pour Hamodia France.<\/strong>\n<\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Que reste-t-il de Condoleezza Rice ?<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/etats-unis-les-pixels-ne-mentent-jamais\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Etats-Unis\/ Les pixels ne mentent jamais &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=412"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2198,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412\/revisions\/2198"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}