{"id":547,"date":"2006-07-12T08:26:00","date_gmt":"2006-07-12T06:26:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=547"},"modified":"2021-01-14T21:14:08","modified_gmt":"2021-01-14T20:14:08","slug":"eurabia-bat-yeor-la-sentinelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/eurabia-bat-yeor-la-sentinelle\/","title":{"rendered":"Eurabia\/ Bat Ye&apos;or, la sentinelle"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">Expuls&eacute;e d&rsquo;Egypte en 1957, elle a voulu comprendre pourquoi. Ses travaux sont un avertissement : l&rsquo;islam n&rsquo;offre aux juifs et aux chr&eacute;tiens que la soumission et l&rsquo;humiliation. Et l&rsquo;Europe est la prochaine cible.<!--more-->Voici quelques semaines &ndash; dans son num&eacute;ro du 24 juin -, l&rsquo;&eacute;minent hebdomadaire britannique <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>The Economist&nbsp;<\/span> commet&nbsp; un acte manqu&eacute; qui e&ucirc;t r&eacute;joui Freud. Il para&icirc;t avec une couverture&nbsp; choc : une tour Eiffel surmont&eacute;e d&rsquo;un croissant islamique, comme si elle avait &eacute;t&eacute; transform&eacute;e en minaret. Et un titre non&nbsp; moins hardi : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Eurabia,<\/span> la contraction, en anglais, de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Europe<\/span> et <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Arabia<\/span>. A l&rsquo;int&eacute;rieur du journal, un dossier sur&nbsp; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot;la mont&eacute;e en puissance de l&rsquo;islam en Europe &quot;,<\/span> et son corollaire r&eacute;el ou suppos&eacute; : la d&eacute;stabilisation des soci&eacute;t&eacute;s et des Etats. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>The Economist<\/span> s&rsquo;empresse d&rsquo;affirmer que c&rsquo;est l&agrave;, pour l&rsquo;essentiel, un mythe.<\/p>\n<p>Mais personne rappelle, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du journal, qu&rsquo;Eurabia a un <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; concepteur &quot;<\/span> :&nbsp; l&rsquo;historienne britannique Bat Ye&rsquo;or. Son nom n&rsquo;est pas mentionn&eacute;. Son livre <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Eurabia, the Euro-Arab Axis (Eurabia, l&rsquo;axe euro-arabe)<\/span> dont la version en langue anglaise a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e en 2005 chez Farleigh Dickinson University Press, et la version fran&ccedil;aise en 2006 aux &eacute;ditions Jean-Cyrille Godefroy, n&rsquo;est pas cit&eacute;. Et pourtant, aucun doute : c&rsquo;est bien d&rsquo;elle et ses &eacute;crits qu&rsquo;il est question dans ce num&eacute;ro, et qu&rsquo;on veut r&eacute;futer. Sinon, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>The Economist<\/span> aurait titr&eacute; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Eurislam<\/span>, puisque la majorit&eacute; des musulmans vivant actuellement en Grande-Bretagne et la moiti&eacute; environ de ceux qui r&eacute;sident dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Union europ&eacute;enne ne sont pas originaires du monde arabe mais de Turquie, d&rsquo;Iran, d&rsquo;Asie centrale, du sous-continent indien ou d&rsquo;Afrique noire&hellip; <\/p>\n<p>Bat Ye&rsquo;or&nbsp; &#8211; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; la fille du Nil &quot; <\/span>&#8211; est n&eacute;e en Egypte sous la monarchie, quand ce pays &eacute;tait encore un trait d&rsquo;union entre l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident. Elle en a &eacute;t&eacute; expuls&eacute;e en 1957, sous Nasser : parce que juive. Un traumatisme qui n&rsquo;a pas cess&eacute; de la hanter : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; J&rsquo;ai assist&eacute;, en l&rsquo;espace de quelques ann&eacute;es &agrave; peine, &agrave; l&rsquo;an&eacute;antissement d&rsquo;une communaut&eacute; qui vivait en Egypte depuis deux mille six cents ans&hellip; J&rsquo;ai vu la d&eacute;sint&eacute;gration des familles, leur humiliation et leur spoliation, la profanation des synagogues, la terreur qui frappait une population enti&egrave;re, les quartiers d&eacute;truits au canon&hellip; J&rsquo;ai v&eacute;cu personnellement l&rsquo;exil, la condition d&rsquo;apatride. Et j&rsquo;ai voulu comprendre pourquoi pr&egrave;s d&rsquo;un million de juifs des pays arabes avaient connu le m&ecirc;me destin que moi &quot;.&nbsp;<\/span> <\/p>\n<p>Ses premiers travaux portent, tout naturellement, sur l&rsquo;histoire de sa communaut&eacute; :&nbsp; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Les Juifs en Egypte<\/span> para&icirc;t en 1971 (Editions de l&rsquo;Avenir, Gen&egrave;ve).&nbsp; Elle d&eacute;couvre &agrave; cette occasion que, contrairement aux id&eacute;es re&ccedil;ues, les juifs n&rsquo;ont jamais joui sous l&rsquo;islam d&rsquo;un r&eacute;gime de v&eacute;ritable tol&eacute;rance. Mais aussi que la condition des chr&eacute;tiens &ndash; notamment des coptes, descendants directs des Egyptiens anciens &ndash; n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; meilleure. Les uns et les autres sont, aux yeux des musulmans, des <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; dhimmis &quot;<\/span> : un terme qu&rsquo;on traduit g&eacute;n&eacute;ralement par <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; prot&eacute;g&eacute;s &quot;<\/span>, mais dont le v&eacute;ritable sens est <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; domin&eacute;s &quot;.<\/span> <\/p>\n<p>Ce sera l&rsquo;objet de deux autres livres, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Le Dhimmi<\/span>, paru en 1980 (Editions Anthropos) et <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Juifs et chr&eacute;tiens sous l&rsquo;islam<\/span>, qui para&icirc;t en anglais d&egrave;s 1985 puis en fran&ccedil;ais dix ans plus tard (Editions Berg International). Des ouvrages qui font date dans la mesure o&ugrave;, pour la premi&egrave;re fois, la condition de dhimmi n&rsquo;est pas trait&eacute;e seulement sous l&rsquo;angle des textes pieux musulmans ou de la loi, mais &eacute;galement &agrave; travers les pratiques sociologiques. Pour Bar Ye&rsquo;or,&nbsp; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; la dhimmitude est ins&eacute;parable du djihad &quot;<\/span>,&nbsp; la guerre sainte musulmane,&nbsp; et en constitue m&ecirc;me <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; l&rsquo;aboutissement &quot;<\/span>. Adeptes d&rsquo;une religion monoth&eacute;iste ant&eacute;rieure &agrave; l&rsquo;islam, les juifs et les chr&eacute;tiens ne sont pas contraints de se convertir, &agrave; la diff&eacute;rence des pa&iuml;ens. Mais ils deviennent une sorte de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; butin collectif &quot; <\/span>des musulmans : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; En &eacute;change de la cessation des hostilit&eacute;s, ils doivent abandonner leurs terres. En &eacute;change de droits civils et religieux limit&eacute;s, ils doivent verser un imp&ocirc;t sp&eacute;cial. Pour assurer leur survie, ils doivent accepter&nbsp; d&rsquo;&ecirc;tre humili&eacute;s et avilis &quot;. <\/span><\/p>\n<p>A la fin du XIXe si&egrave;cle et au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle, le monde musulman ne peut mener de djihad contre un Occident devenu soudain trop puissant : devenue sans objet, la dhimmitude est abolie en droit ou en fait dans de nombreux pays. C&rsquo;est le cas, en particulier de l&rsquo;Egypte de Mehemet-Ali et de ses successeurs, jusqu&apos;au&nbsp; roi Farouk, ou de la Turquie ottomanes &agrave; partir des r&eacute;formes du Tanzimat, promulgu&eacute;es en 1839. Mais dans la seconde moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle et au d&eacute;but du XXIe, le rapport des forces joue &agrave; nouveau en faveur&nbsp; de l&rsquo;islam :&nbsp; forte croissance d&eacute;mographique, revenus p&eacute;troliers. Le djihad retrouve donc toute son actualit&eacute;. Ainsi que la dhimmitude. D&egrave;s les ann&eacute;es 1950 et 1960, les r&eacute;volutions nationalistes arabes (Nasser, le Baath, le FLN alg&eacute;rien) traitent les non-musulmans en <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; &eacute;trangers &quot;. <\/span>A partir des ann&eacute;es 1980, l&rsquo;islamisme (Fr&egrave;res musulmans, khomeinisme, Al-Qa&iuml;da) entend remettre en vigueur les lois coraniques dans ce domaine comme dans les autres. <\/p>\n<p>R&eacute;sultat : un Proche et un Moyen-Orient qui se vident de leurs non-musulmans. La cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l, en 1948, a servi de pr&eacute;texte &agrave; l&rsquo;expulsion quasi-g&eacute;n&eacute;rale des communaut&eacute;s juives. Quant aux chr&eacute;tiens, Bat Ye&rsquo;or d&eacute;crit leur d&eacute;clin et leur exode,&nbsp; lents mais inexorables, dans <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Les Chr&eacute;tient&eacute;s d&rsquo;Orient entre Djihad et Dhimmitude<\/span>, son livre de 1991 (Editions du Cerf). Mais le ph&eacute;nom&egrave;ne ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; cette <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; purification communautaire &quot;<\/span>, sinon ethnique. Bat Ye&rsquo;or met en garde : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Nous vivons aujourd&rsquo;hui dans un contexte djihadique mondial &quot;.<\/span> La d&eacute;mographie pousse d&eacute;sormais l&rsquo;islam, et donc la dhimmitude, vers les pays occidentaux eux-m&ecirc;mes.<\/p>\n<p><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Eurabia, L&rsquo;axe euro-arabe<\/span> d&eacute;crit cette nouvelle &eacute;tape. Ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment,&nbsp; la mise en place, sous couvert de partenariat entre les pays europ&eacute;ens et les pays arabes,&nbsp; de structures favorisant l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Il faut distinguer l&rsquo;Europe de ses dirigeants &quot;, <\/span>dit Bat Ye&rsquo;or. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Les peuples europ&eacute;ens n&rsquo;ont jamais accept&eacute; ou ratifi&eacute; l&rsquo;axe euro-arabe ou euro-islamique. Mais les milieux dirigeants ont pass&eacute; outre. Avec des motivations multiples et&nbsp; vari&eacute;es : les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques, les souvenirs de l&rsquo;&eacute;poque coloniale ou les sentiments de culpabilit&eacute; li&eacute;s &agrave; cette &eacute;poque, l&rsquo;espoir de cr&eacute;er une Europe ind&eacute;pendante des Etats-Unis, l&rsquo;illusion d&rsquo;un dialogue interreligieux, la peur du terrorisme &quot;. <\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;axe euro-arabe est n&eacute; en 1975, lors du premier choc p&eacute;trolier. Diverses associations pro-arabes (faut-il parler de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; lobbies &quot; <\/span>?) militent alors pour un&nbsp; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Dialogue euro-arabe &quot; .<\/span> Elles se regroupent au sein d&rsquo;un Comit&eacute; europ&eacute;en dont le si&egrave;ge est &agrave; Paris et qui publie un journal appel&eacute; Eurabia.&nbsp; Deux th&egrave;mes imm&eacute;diats :&nbsp; le soutien &agrave; la cause palestinienne et l&rsquo;hostilit&eacute; envers les Etats-Unis, principal alli&eacute; d&rsquo;Isra&euml;l. Mais &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re-plan, il s&rsquo;agit aussi de mettre en valeur&nbsp; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; des liens de voisinage et un h&eacute;ritage culturel commun &quot; <\/span>entre les peuples des deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e. <\/p>\n<p>Cela implique d&rsquo;abord, selon un responsable belge du Comit&eacute;, Tilj Declercq, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; une politique &agrave; moyen et &agrave; long terme&hellip; afin de r&eacute;aliser une coop&eacute;ration &eacute;conomique par la conjugaison des r&eacute;serves de main d&rsquo;&oelig;uvre et de mati&egrave;res premi&egrave;res arabes, d&rsquo;une part, de la technologie et du management europ&eacute;ens, d&rsquo;autre part &quot;. <\/span>En d&rsquo;autres termes : l&rsquo;Europe doit faire venir des immigrants arabes pour avoir acc&egrave;s au p&eacute;trole. En outre, toujours, selon Declercq, l&rsquo;Europe doit conditionner ses opinions publiques en faveur des Arabes et de l&rsquo;islam : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; S&rsquo;ils veulent coop&eacute;rer avec le monde arabe, les gouvernements europ&eacute;ens et les dirigeants politiques ont l&rsquo;obligation de s&rsquo;&eacute;lever contre le d&eacute;nigrement des Arabes dans leurs organes d&rsquo;information. Ils doivent r&eacute;affirmer&hellip; leur respect envers la contribution mill&eacute;naire des Arabes &agrave; la civilisation universelle &quot;.<\/span><\/p>\n<p>Cette th&eacute;matique&nbsp; &#8211; que Bat Ye&rsquo;or&nbsp; appelle d&eacute;sormais <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; projet Eurabia &quot;<\/span> ou <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Eurabia &quot;<\/span> tout court &#8211; est reprise presque m&eacute;caniquement, au cours des ann&eacute;es suivantes, par de nombreuses institutions bilat&eacute;rales ou ONG, mais aussi par les Etats membres de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne, et enfin par la Communaut&eacute; elle-m&ecirc;me. Elle survit, dans les ann&eacute;es 1980, au reflux des prix du p&eacute;trole. Elle se retrouve, &agrave; partir des ann&eacute;es 1990, dans le corpus de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Mieux, elle se transforme peu &agrave; peu en <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; strat&eacute;gie &quot;<\/span> : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Dans un discours prononc&eacute; au Caire en 1996, le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Jacques Chirac d&eacute;finit le dialogue euro-arabe comme la construction d&rsquo;une communaut&eacute; m&eacute;diterran&eacute;enne &quot;,<\/span>&nbsp; note Bat Ye&rsquo;or. Quatre ans plus tard, le 19 juin 2000, le Conseil europ&eacute;en scelle ces choix g&eacute;opolitiques dans un document intitul&eacute;, en effet, Strat&eacute;gie commune pour la r&eacute;gion m&eacute;diterran&eacute;enne.<\/p>\n<p>Mais surtout cette th&eacute;matique est suivie d&rsquo;effet. Difficile de ne pas &eacute;tablir un lien avec&nbsp; des initiatives culturelles telles que la cr&eacute;ation de l&rsquo;Institut du monde arabe &agrave; Paris ou la transformation du vieux Mus&eacute;e des Arts et Traditions populaires de Paris en un Mus&eacute;e de la civilisation m&eacute;diterran&eacute;enne situ&eacute; &agrave; Marseille. Difficile, en sens inverse, de ne pas lier le projet Eurabia&nbsp; avec l&rsquo;occultation des probl&egrave;mes de l&rsquo;immigration ou de la mont&eacute;e de l&rsquo;islamisme en Europe dans le discours politique. Bat Ye&rsquo;or cite un journaliste espagnol qui, lors de l&rsquo;inauguration d&rsquo;une nouvelle grande mosqu&eacute;e &agrave; Grenade, le 10 juillet 2003, observait : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Tout le monde y est oppos&eacute;, mais tout le monde sait aussi qu&rsquo;il est politiquement impossible d&rsquo;&eacute;lever des objections &quot;.&nbsp;<\/span> Tout se passe comme si les Europ&eacute;ens avaient adopt&eacute; un comportement de dhimmis sans m&ecirc;me avoir &eacute;t&eacute; conquis militairement&hellip;<\/p>\n<p>Certes, on ne peut exclure la possibilit&eacute; d&rsquo;une &eacute;volution au sein m&ecirc;me de l&rsquo;islam. Une petite minorit&eacute; de musulmans commence &agrave; sortir de sch&egrave;mes et de dogmes remontant au VIIe si&egrave;cle et &agrave; repenser leur religion, ou leur civilisation, en fonction du XXIe si&egrave;cle. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; S&rsquo;ils tiennent bon, s&rsquo;ils parviennent &agrave; moderniser les institutions politiques, &agrave; limiter la religion &agrave; la sph&egrave;re priv&eacute;e et&nbsp; &agrave; mettre en place des magistrats ind&eacute;pendants, s&rsquo;ils rejettent les valeurs djihadistes et les discriminations contre les femmes ou les non-musulmans, un islam d&eacute;mocratique verra peut-&ecirc;tre le jour &quot;. <\/span>D&rsquo;autres milieux, plus larges, rejettent l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une guerre sainte plan&eacute;taire. Mais &agrave; br&egrave;ve &eacute;ch&eacute;ance, ce sont <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; les forces djihadistes qui risquent de l&rsquo;emporter &quot;.<\/span> Bat Ye&rsquo;or aura du moins rempli son r&ocirc;le de sentinelle. <\/p>\n<p><span style=&quot;font-weight: bold; font-style: italic;&quot;>Eurabia, L&rsquo;axe euro-arabe. Par Bat Ye&rsquo;or.&nbsp; Editions Jean-Cyrille Godefroy. 348 pages, 22 <\/span><br style=&quot;font-weight: bold; font-style: italic;&quot; \/><span style=&quot;font-weight: bold; font-style: italic;&quot;>euros.<\/span><\/p>\n<p>&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;<\/p>\n<p><font size=&quot;6&quot;><span style=&quot;font-weight: bold;&quot;>Les contradictions de The Economist<\/span><\/font><\/p>\n<p><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>The Economist<\/span>&nbsp; du 24 juin consacre deux textes &agrave; Eurabia : un &eacute;ditorial, page 11, et une enqu&ecirc;te, page 29. De l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre, de curieuses diff&eacute;rences. <\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;ditorial affirme qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de probl&ecirc;me islamique en Europe.Les musulmans seraient moins nombreux qu&rsquo;on le dit commun&eacute;ment&nbsp; : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; 4 % seulement &agrave; l&rsquo;heure actuelle &quot;<\/span>. Et ils seraient largement dispos&eacute;s &agrave; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; s&rsquo;int&eacute;grer &quot;.<\/span> <\/p>\n<p>Mais l&rsquo;enqu&ecirc;te arrive &agrave; d&rsquo;autres conclusions. En ce qui concerne la d&eacute;mographie, elle reconna&icirc;t qu&rsquo;il n&rsquo;est <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; pas du tout &eacute;vident de comptabiliser les populations musulmanes en Europe &quot;<\/span> : en France, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; le chiffre officieux est de 5 millions d&rsquo;&acirc;mes, soit 8 % de la population &quot;,<\/span> mais d&rsquo;autres &eacute;tudes, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; extrapolant &agrave; partir des taux de natalit&eacute; des diff&eacute;rentes communaut&eacute;s, annoncent&nbsp; 20 % de la population pour 2020 &quot;.<\/span> <\/p>\n<p>A propos de l&rsquo;int&eacute;gration, l&rsquo;enqu&ecirc;te note que opinions publiques europ&eacute;ennes ont une vision <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; pessimiste &quot; <\/span>de l&rsquo;islam : selon un sondage r&eacute;cent&nbsp; du Pew Research Centre, 70 % des Allemands,&nbsp; 66 % des Fran&ccedil;ais et 61 % des Britanniques estiment que les relations entre l&rsquo;Occident et le monde de l&rsquo;islam sont <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; mauvaises &quot;<\/span>. Et les musulmans europ&eacute;ens, de leur c&ocirc;t&eacute;,&nbsp; pensent qu&rsquo;elles se <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; d&eacute;t&eacute;riorent &quot;.<\/span> C&rsquo;est le cas, notamment aux Pays-Bas, depuis la mise en place de lois contre l&rsquo;immigration ill&eacute;gale et l&rsquo;extr&eacute;misme politico-religieux.&nbsp; <\/p>\n<p>M. G.<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Expuls&eacute;e d&rsquo;Egypte en 1957, elle a voulu comprendre pourquoi. Ses travaux sont un avertissement : l&rsquo;islam n&rsquo;offre aux juifs et aux chr&eacute;tiens que la soumission et l&rsquo;humiliation. Et l&rsquo;Europe est la prochaine cible.<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/eurabia-bat-yeor-la-sentinelle\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Eurabia\/ Bat Ye&apos;or, la sentinelle &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[236],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=547"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2376,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547\/revisions\/2376"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}