{"id":562,"date":"2005-12-02T09:27:00","date_gmt":"2005-12-02T08:27:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=562"},"modified":"2021-01-14T21:14:09","modified_gmt":"2021-01-14T20:14:09","slug":"france-laffaire-finkielkraut","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/france-laffaire-finkielkraut\/","title":{"rendered":"France\/ L&apos;affaire Finkielkraut"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">Comment, sur la crise des banlieues, le philosophe Alain Finkielkraut a &eacute;t&eacute; entra&icirc;n&eacute; dans un pi&egrave;ge m&eacute;diatique. Comment l&rsquo;affaire a &eacute;t&eacute; exploit&eacute;e. Et &agrave; quelle fin.<!--more--><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; La le&ccedil;on, c&rsquo;est que je ne dois plus donner d&rsquo;interview, notamment quand je ne peux revoir le texte final ou contr&ocirc;ler la traduction &quot;<\/span>. Alain Finkielkraut faisait le bilan, vendredi dernier, d&rsquo;une crise m&eacute;diatique sans pr&eacute;c&eacute;dent, dont il venait d&rsquo;&ecirc;tre le pr&eacute;texte, ou la victime. Etrangement, elle &eacute;tait partie d&rsquo;Isra&euml;l. Avant de gagner la France. En quelques jours &agrave; peine, le philosophe avait &eacute;t&eacute; villipend&eacute;, tra&icirc;n&eacute; dans la boue, menac&eacute; de proc&egrave;s. Et qui plus est, cette affaire avait &eacute;t&eacute; largement provoqu&eacute;e ou entretenue par des journaux dits de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; <\/span><br style=&quot;font-style: italic;&quot; \/><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>r&eacute;f&eacute;rence &quot;. <\/span><\/p>\n<p>Tout commence le 18 novembre. Le quotidien isra&eacute;lien Haaretz &ndash; politiquement &agrave; gauche, antireligieux, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot;post-sioniste &quot;, <\/span>mais tr&egrave;s chic, et lu par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Establishment de J&eacute;rusalem et de Tel-Aviv &#8211; publie dans ses deux &eacute;ditions, h&eacute;bra&iuml;que et anglaise, un entretien avec Finkielkraut consacr&eacute; aux &eacute;meutes fran&ccedil;aises des derni&egrave;res semaines. Titre en h&eacute;breu : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; <\/span><br style=&quot;font-style: italic;&quot; \/><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans &quot;.<\/span> En anglais : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Quelle sorte de Fran&ccedil;ais sont-ils donc ? &quot; <\/span><\/p>\n<p>Pour le lecteur, il va de soi que ces formules p&eacute;remptoires, qui semblent <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; ex&eacute;cuter &quot; <\/span>les &eacute;meutiers, et par extension l&rsquo;ensemble des <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; milieux issus de l&rsquo;immigration &quot;, <\/span>ont Finkielkraut pour auteur. En fait, elles &eacute;manent de la r&eacute;daction. Le philosophe ne les a nullement prononc&eacute;es. Il a m&ecirc;me dit le contraire. Il souligne que la condition des <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; jeunes &quot; <\/span>est difficile. Et quand il s&rsquo;interroge sur leur crise d&rsquo;identit&eacute;, c&rsquo;est pour souhaiter qu&rsquo;ils <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; se consid&egrave;rent comme des Fran&ccedil;ais &quot;<\/span> : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; S&rsquo;ils en viennent &agrave; dire &lsquo;les Fran&ccedil;ais&rsquo; en parlant des seuls Blancs, alors nous sommes perdus &quot;. <\/span><\/p>\n<p>Plus on avance dans le texte, plus le parti-pris du <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz <\/span>est patente. Les intervieweurs, Dror Mishani et Aurelia Smotriez, &eacute;crivent que Finkielkraut les a re&ccedil;us &agrave; Paris, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; au Rostand, un caf&eacute; &eacute;l&eacute;gant d&eacute;cor&eacute; de photos orientales et dont la terrasse fait face aux jardins du Luxembourg &quot;. <\/span>Sous-entendu : l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; serait un monsieur &agrave; la mode, donc, fatalement, un esprit superficiel. <\/p>\n<p>Suivent des lignes plus perfides encore. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; La premi&egrave;re chose que le philosophe franco-juif Alain Finkielkraut nous d&eacute;clare (&hellip;), c&rsquo;est : &lsquo;J&rsquo;ai entendu dire que Haaretz lui-m&ecirc;me a publi&eacute; un article prenant fait et cause pour les &eacute;meutes&rsquo;. Une observation, prof&eacute;r&eacute;e avec quelque v&eacute;h&eacute;mence, qui r&eacute;sume assez bien les sentiments sur lesquels Finkielkraut n&rsquo;a cess&eacute; de revenir depuis que le 27 octobre, date &agrave; laquelle les &eacute;meutes ont &eacute;clat&eacute; dans les banlieues paup&eacute;ris&eacute;es qui encerclent Paris&hellip; &quot;<\/span> Le philosophe ne sait visiblement pas qui a &eacute;crit l&rsquo;article qui le chagrine (publi&eacute; le 7 novembre). Les lecteurs du <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz<\/span> savent, quant &agrave; eux, que c&rsquo;est Mishani lui-m&ecirc;me : l&rsquo;intervieweur principal. Qui se garde bien, tout au long de l&rsquo;entretien, de le r&eacute;v&eacute;ler. <\/p>\n<p>Finkielkraut expose ses vues habituelles. Celles qu&rsquo;il a expos&eacute;es jadis dans <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>La d&eacute;faite de la pens&eacute;e<\/span> (Gallimard), et qu&rsquo;il a reprises plus r&eacute;cemment dans un essai sur <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Nous autres, Modernes<\/span> (Ellipses). La R&eacute;publique lui para&icirc;t menac&eacute;e de toutes parts. Par l&rsquo;extr&ecirc;me-droite, mais aussi par une gauche n&eacute;ototalitaire, ou par les communautarismes ethniques et religieux. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz<\/span> reproduit assez fid&egrave;lement ces propos. Mais en soulignant certains mots. En s&rsquo;appesantissant sur certaines observations. En ins&eacute;rant, &ccedil;&agrave; et l&agrave;, un bref commentaire acide. Ou en jouant sur les illustrations. Le diable est dans les d&eacute;tails. <\/p>\n<p>Ainsi, le journal isra&eacute;lien croit pouvoir affirmer, d&egrave;s le troisi&egrave;me paragraphe : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Dans le d&eacute;bat intellectuel anim&eacute; qui se d&eacute;roule dans les journaux fran&ccedil;ais depuis le d&eacute;but des &eacute;meutes, Finkielkraut fait entendre une voix d&eacute;viante, et m&ecirc;me tr&egrave;s d&eacute;viante &quot;.<\/span> Le mot <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; d&eacute;viant &quot;<\/span> &ndash; en h&eacute;breu comme en anglais &ndash; signifie a priori <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; discordant &quot;<\/span> ou <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; non-conformiste &quot;<\/span>. Mais il sugg&egrave;re quelque chose de plus sombre : la <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; d&eacute;viation &quot;<\/span> morale, y compris sexuelle. <\/p>\n<p>Un peu plus loin, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz<\/span> laisse le philosophe s&rsquo;&eacute;tendre sur la pr&eacute;sence de nombreux Noirs au sein de l&rsquo;&eacute;quipe de France de football et ajouter que <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; si on fait une telle remarque aujourd&rsquo;hui en France, on va en prison &quot;. <\/span>Ce qui laisse supposer qu&rsquo;il s&rsquo;oppose aux lois qui r&eacute;priment les injures raciales. <\/p>\n<p>Autre manipulation, une photographie de Finkielkraut, en t&ecirc;te de l&rsquo;interview, porte la l&eacute;gende suivante : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Vous les Isra&eacute;liens, vous me comprenez &quot;<\/span>. Ce qui laisse entendre que le philosophe se pr&eacute;vaut , avec une audience juive, de la solidarit&eacute; communautaire, ou ethnoreligieuse, qu&rsquo;il r&eacute;prouve chez les musulmans. En fait, le propos, une fois encore, est apocryphe. Finkielkraut s&rsquo;est born&eacute; &agrave; dire : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Je n&rsquo;ai pas parl&eacute; d&rsquo;une &lsquo;intifada&rsquo; des banlieues, et je ne pense pas que ce terme doit &ecirc;tre employ&eacute;. Mais je constate que les &eacute;meutiers ont envoy&eacute; les plus jeunes d&rsquo;entre eux en premi&egrave;re ligne. Vous avez connu une telle situation en Isra&euml;l&hellip; &quot; <\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;interview ne suscite gu&egrave;re de d&eacute;bat en Isra&euml;l m&ecirc;me : &agrave; peine quelques mails sur le site interactif de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz<\/span>. Mais il est bient&ocirc;t traduit en fran&ccedil;ais, par Michel Warschawski et Mich&egrave;le Sibony, des Isra&eacute;liens d&rsquo;origine fran&ccedil;aise. Deux <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; r&eacute;sistants &quot;, <\/span>comme l&rsquo;&eacute;crivait en 2003 Denis Sieffert, dans la revue d&rsquo;extr&ecirc;me-gauche <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Politis.<\/span> Entendons par l&agrave; : deux relais quasi-professionnels des organisations palestiniennes extr&eacute;mistes. Pays d&eacute;mocratique, Isra&euml;l tol&egrave;re ce type de comportement. Ailleurs, et notamment dans le monde arabe, il pourrait &ecirc;tre trait&eacute; avec moins d&rsquo;indulgence. <\/p>\n<p>La traduction Warschawski-Sibony s&rsquo;appuie sur la version h&eacute;bra&iuml;que, plus &quot; dure &quot; et plus r&eacute;ductrice que l&rsquo;anglaise. Avec des intertitres au vitriol : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; L&rsquo;&eacute;cole en France et des bienfaits du colonialisme &quot;<\/span>, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Non &agrave; l&rsquo;antiracisme ! &quot;<\/span>, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Si cela ne leur plait pas, qu&rsquo;ils rentrent chez eux ! &quot;<\/span>&hellip; Rapidement diffus&eacute;e &ndash; notamment par Internet &#8211; dans les milieux de gauche, d&rsquo;extr&ecirc;me-gauche, propalestiniens, islamiques, elle fait l&rsquo;effet de la d&eacute;p&ecirc;che d&rsquo;Ems : le t&eacute;l&eacute;gramme fort courtois que le roi Guillaume Ier de Prusse avait &eacute;crit en 1870 &agrave; l&rsquo;intention de Napol&eacute;on III mais qui, abr&eacute;g&eacute; et r&eacute;&eacute;crit par Bismarck, s&rsquo;&eacute;tait transform&eacute; en insulte et avait rendu la guerre in&eacute;vitable. Finkielkraut appara&icirc;t d&eacute;sormais comme un <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; raciste &quot; <\/span><br \/>explicite, dont le langage <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; ne se distingue plus de celui du Front national &quot;. <\/span><\/p>\n<p>Le Mouvement contre le racisme et pour l&rsquo;amiti&eacute; entre les peuples (MRAP), une ONG proche &agrave; la fois du parti communiste et des milieux islamistes (elle a soutenu le port du voile &agrave; l&rsquo;&eacute;cole), porte plainte. D&rsquo;autres organisations demandent la suppression de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>R&eacute;pliques<\/span>, l&rsquo;&eacute;mission de haut niveau que le philosophe anime depuis vingt ans sur France-Culture. Ou exigent son d&eacute;part de l&rsquo;Ecole polytechnique, o&ugrave; il enseigne l&rsquo;histoire des id&eacute;es. On n&rsquo;est plus tr&egrave;s loin de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; <\/span><br style=&quot;font-style: italic;&quot; \/><span style=&quot;font-style: italic;&quot;>l&rsquo;interdiction professionnelle &quot;. <\/span><\/p>\n<p>Le coup de gr&acirc;ce, &agrave; cet &eacute;gard, vient de Sylvain Cypel, r&eacute;dacteur en chef au <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Monde<\/span>. Dans le num&eacute;ro dat&eacute; du 24 novembre, ce dernier publie un texte intitul&eacute; &ndash; en gros caract&egrave;res &#8211; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>La voix &quot; tr&egrave;s d&eacute;viante &quot; d&rsquo;Alain Finkielkraut au quotidien &quot; Haaretz &quot;<\/span>. En fait, ce n&rsquo;est pas un article, mais une compilation. Cypel se borne &agrave; mettre bout &agrave; bout des passages litigieux ou passant pour tels de l&rsquo;interview. Pourtant, il signe. Un geste qui semble avoir pour but de donner le maximum d&rsquo;autorit&eacute; et de l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; la campagne contre le philosophe. <\/p>\n<p>Le penseur catholique Paul Thibaud, ancien directeur de la revue <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Esprit,<\/span> estimait dimanche dernier que <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Finkielkraut &eacute;tait tomb&eacute; dans un pi&egrave;ge &quot;<\/span>. On est en effet contraint, &agrave; ce point, de s&rsquo;interroger sur les liens qui existent ou pourraient exister entre les divers protagonistes. <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Haaretz<\/span> et <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Le Monde<\/span> sont associ&eacute;s au sein d&rsquo;un r&eacute;seau international de presse, nettement orient&eacute; &agrave; gauche o&ugrave; figurent &eacute;galement le journal italien <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>La Reppubblica<\/span> ou le quotidien anglais <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>The Guardian<\/span>. Cela implique que certains textes sont publi&eacute;s en commun. Et que certaines campagnes d&rsquo;opinion puissent se propager d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;autre. <\/p>\n<p>Mais ce qui est plus frappant encore, ce sont les affinit&eacute;s entre Mishani, Cypel ou Warschawski. Le premier, enseignant &agrave; l&rsquo;universit&eacute; Ben Gourion de Beersh&eacute;vah, rejoint le troisi&egrave;me dans la plupart de ses options id&eacute;ologiques. Il est l&rsquo;auteur d&rsquo;&eacute;tudes d&eacute;peignant les grands &eacute;crivains isra&eacute;liens comme des <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; fascistes &quot;.<\/span> Et le sc&eacute;nariste d&rsquo;un film d&eacute;crivant l&rsquo;oppression que subiraient les travailleurs arabes en Isra&euml;l, <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Questions d&rsquo;un ouvrier mort <\/span>(2002). <\/p>\n<p>Quant au Fran&ccedil;ais Cypel, dont le p&egrave;re publiait le quotidien yiddish <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Unzer Wort<\/span> (<span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Notre Parole &quot;<\/span>), ses positions d&rsquo;ultra-gauche et son anti-isra&eacute;lisme ne sont des secrets pour personne. Et lui avaient valu, voici quelques ann&eacute;es, quelques remarques am&egrave;res de la part d&rsquo;Elie Barnavi, l&rsquo;ambassadeur le plus &agrave; gauche qui ait jamais repr&eacute;sent&eacute; J&eacute;rusalem &agrave; Paris. <\/p>\n<p>Pourquoi s&rsquo;en prendre &agrave; Finkielkraut plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; un autre ? Parce qu&rsquo;il est embl&eacute;matique : r&eacute;publicain, juif fid&egrave;le &agrave; ses origines mais r&eacute;cusant tout communautarisme ou tout alignement syst&eacute;matique sur Isra&euml;l, r&eacute;fractaire au politiquement correct, soucieux d&rsquo;&eacute;thique dans tous les domaines, y compris l&rsquo;&eacute;cole ou les moeurs. Et plus profond&eacute;ment, parce qu&rsquo;il serait susceptible de faire basculer une large partie des milieux intellectuels ou universitaires vers un conservatisme mod&eacute;r&eacute; de bon aloi. <\/p>\n<p>En fait, d&rsquo;autres <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; affaires Finkielkraut &quot;<\/span> ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; celle-ci. D&egrave;s 2003, Daniel Lindenberg le classait, dans son livre <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Rappel &agrave; l&rsquo;ordre<\/span> (Seuil) parmi les <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; nouveaux r&eacute;actionnaires &quot;.<\/span> Pour s&rsquo;en tenir &agrave; l&rsquo;ann&eacute;e 2005, il y a d&rsquo;abord eu le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; toll&eacute; &quot; <\/span>qui a suivi, au mois de mars, ses remarques sur le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; mauvais coton id&eacute;ologique &quot;<\/span> &#8211; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; noirisme &quot;<\/span> militant, soutien &agrave; l&rsquo;ex-humoriste Dieudonn&eacute; M&rsquo;bala M&rsquo;Bala -que fileraient actuellement les Antilles. Puis, un mois plus tard, un <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; scandale absolu &quot;<\/span> : Finkielkraut signait un manifeste condamnant le racisme &agrave; l&rsquo;envers pratiqu&eacute; par des &eacute;coliers ou lyc&eacute;ens d&rsquo;origine africaine contre des condisciples d&rsquo;origine europ&eacute;enne (le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; racisme antiblanc &quot;<\/span>). <\/p>\n<p>Une telle cible ne se rate pas. Surtout pas apr&egrave;s les &eacute;meutes du milieu de l&rsquo;automne. La presse de gauche ou d&rsquo;extr&ecirc;me-gauche &eacute;ditorialise toujours sur le caract&egrave;re strictement social ou &eacute;conomique de ces violences. Mais publie en m&ecirc;me temps des reportages sur le terrain o&ugrave; appara&icirc;t une toute autre r&eacute;alit&eacute;. Des maires communistes d&eacute;clarent sans ambages au <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>Nouvel Observateur<\/span> qu&rsquo;ils ont demand&eacute; l&rsquo;intervention de l&rsquo;arm&eacute;e de la R&eacute;publique. Le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; pays r&eacute;el &quot;<\/span> parle comme Finkielkraut. Il faut donc faire taire l&apos;un et l&apos;autre. D&rsquo;urgence. <\/p>\n<p><span style=&quot;font-weight: bold; font-style: italic;&quot;>&copy; Michel Gurfinkiel &amp; Valeurs Actuelles, 2005 <\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment, sur la crise des banlieues, le philosophe Alain Finkielkraut a &eacute;t&eacute; entra&icirc;n&eacute; dans un pi&egrave;ge m&eacute;diatique. Comment l&rsquo;affaire a &eacute;t&eacute; exploit&eacute;e. Et &agrave; quelle fin.<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/france-laffaire-finkielkraut\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: France\/ L&apos;affaire Finkielkraut &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[241],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/562"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=562"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/562\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2393,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/562\/revisions\/2393"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}