{"id":563,"date":"2006-02-21T21:52:00","date_gmt":"2006-02-21T20:52:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=563"},"modified":"2021-01-14T21:14:08","modified_gmt":"2021-01-14T20:14:08","slug":"inde-la-dynastie-gandhi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/inde-la-dynastie-gandhi\/","title":{"rendered":"Inde\/ La dynastie Gandhi"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">Les Nehru-Gandhi r&egrave;gnent sur l&apos;Inde depuis plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle. Monarques presque absolus jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1970. Princes r&eacute;publicains par la suite. Mais aujourd&apos;hui, une rivalit&eacute; sourde oppose deux h&eacute;ritiers : Rahul, 36 ans, et sa soeur Priyanka, 35 ans.<!--more-->Rahul Gandhi sera-t-il en 2009 le quatri&egrave;me <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; empereur &quot;<\/span> de la dynastie Nehru-Gandhi, apr&egrave;s son arri&egrave;re grand-p&egrave;re Jawaharlal Nehru, sa grand-m&egrave;re Indira Gandhi et son p&egrave;re Rajiv ? A New-Delhi, le sc&eacute;nario va de soi. Le chef actuel du gouvernement,&nbsp; Manmohan Singh est sans doute un homme de premier plan : ce r&eacute;fugi&eacute; sikh, venu en 1947 de ce qui allait devenir le Pakistan, form&eacute; &agrave; Oxford et &agrave; Cambridge,&nbsp; a pilot&eacute; dans les ann&eacute;es 1990 les r&eacute;formes lib&eacute;rales qui font aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;Inde la nouvelle <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; puissance &eacute;conomique &eacute;mergente &quot;,<\/span>&nbsp; avec 6 &agrave; 8 % de croissance par an. Mais il est &acirc;g&eacute; de soixante-quatorze ans. Et surtout, il semble &ecirc;tre en place par <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; d&eacute;l&eacute;gation &quot;<\/span>&hellip;.<\/p>\n<p>En 2004, c&rsquo;est en effet Sonia Gandhi, bru d&rsquo;Indira, veuve de Rajiv et m&egrave;re de Rahul, qui a rendu le pouvoir au vieux parti socialisant du Congr&egrave;s, apr&egrave;s huit ans de gouvernement conservateur. Elle s&rsquo;est alors refus&eacute;e &agrave; exercer elle-m&ecirc;me les fonctions de premier ministre : un geste dict&eacute; par la prudence &ndash; Sonia est d&rsquo;origine italienne, donc <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; &eacute;trang&egrave;re &quot; <\/span>aux yeux de nombreux Indiens, m&ecirc;me si elle a pass&eacute; les deux tiers de sa vie dans le pays &ndash; qui a vite tourn&eacute; au coup de g&eacute;nie, rien ne rev&ecirc;tant&nbsp; plus de prestige en Inde que le renoncement, m&ecirc;me symbolique&hellip; De facto, la voici donc <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; r&eacute;gente &quot;<\/span>, sinon souveraine en titre, tandis que Singh serait son Mazarin.<\/p>\n<p>Ag&eacute; de trente-six ans, faux c&eacute;libataire (il vit maritalement avec une jolie Colombienne, Juanita), Rahul a repris en 2004 le si&egrave;ge d&rsquo;Amethi, une petite ville de l&rsquo;Uttar Pradesh qui a toujours &eacute;t&eacute; un fief de la dynastie. C&rsquo;est un grand gaillard s&eacute;duisant, aux mani&egrave;res tranquillement courtoises : le sang italien de sa famille maternelle ne peut mentir. Il est all&eacute; dans les meilleures universit&eacute;s indiennes, britanniques et am&eacute;ricaines, mais ne semble pas y avoir particuli&egrave;rement brill&eacute;, sauf dans les disciplines sportives, notamment la v&eacute;nerie. Apr&egrave;s Harvard,&nbsp; o&ugrave; il n&rsquo;a obtenu aucun dipl&ocirc;me, il a travaill&eacute; ou fait semblant de travailler pendant quelque temps dans une firme financi&egrave;re de Londres. Mais somme toute, n&rsquo;est-ce pas le sort de tous les princes, dans tous les pays ? Destin&eacute; au pouvoir d&egrave;s sa naissance, il a &eacute;t&eacute; pris en main par sa m&egrave;re &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990. Et aujourd&rsquo;hui, il semble avoir appris son r&ocirc;le. Quand il pr&eacute;side, v&ecirc;tu de blanc, les meetings du Congr&egrave;s, une v&eacute;n&eacute;ration religieuse l&rsquo;entoure : il sait y r&eacute;pondre en joignant les mains, et en s&rsquo;inclinant lentement&hellip;<\/p>\n<p>Les mauvaises langues disent qu&rsquo;une seule menace p&egrave;se sur l&rsquo;h&eacute;ritier des Gandhi : sa s&oelig;ur et coh&eacute;riti&egrave;re Priyanka. Ag&eacute;e de trente-cinq ans, mari&eacute;e &agrave; un joaillier de race indienne, m&egrave;re de deux enfants, elle ressemble de mani&egrave;re frappante, sur le plan physique,&nbsp; &agrave; sa grand-m&egrave;re Indira. Et en mati&egrave;re d&rsquo;intelligence aussi. En 2004, Priyanka a &eacute;t&eacute; le chef d&rsquo;&eacute;tat-major de&nbsp; son fr&egrave;re. Avec efficacit&eacute;. Se r&eacute;soudra-t-elle toujours &agrave; le servir dans l&rsquo;ombre ? Pas s&ucirc;r. <\/p>\n<p>L&rsquo;un dans l&rsquo;autre, les Nehru-Gandhi r&egrave;gnent depuis plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle. Monarques presque absolus jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1970. Princes r&eacute;publicains par la suite.<\/p>\n<p>La dynastie a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par Jawaharlal Nehru (1889-1964), le premier chef de gouvernement de l&rsquo;Inde ind&eacute;pendante. Issu de la caste Saraswat, l&rsquo;une des plus aristocratiques du sous-continent, ce brahmane &agrave; la peau blanche re&ccedil;oit une &eacute;ducation de jeune lord en Grande-Bretagne : la public school de Harrow et Trinity College &agrave; Cambridge. A son retour en Inde, il &eacute;pouse une autre Nehru, Kamala,&nbsp; qui appartient &agrave; la branche cachemirie de la caste. <\/p>\n<p>La politique semble &ecirc;tre la seule activit&eacute; &agrave; la hauteur d&rsquo;un tel pedigree. Jawaharlal adh&egrave;re au Congr&egrave;s, dont son p&egrave;re Motilal est l&rsquo;un des principaux dirigeants et m&ecirc;me, &agrave; certains moments, le pr&eacute;sident : le parti qui, r&eacute;organis&eacute; sous l&rsquo;influence du mahatma Gandhi, milite pour l&rsquo;autonomie de l&rsquo;Inde au sein de l&rsquo;Empire britannique. Il se rapproche bient&ocirc;t de l&rsquo;aile la plus radicale de cette formation : celle que dirige Subhas Chandra Bose. But : l&rsquo;ind&eacute;pendance pure et simple. Mais aussi une r&eacute;volution sociale. Bose est un admirateur de l&rsquo;Allemagne hitl&eacute;rienne et du Japon. Nehru penche plut&ocirc;t pour un r&eacute;gime social-d&eacute;mocrate, comme la gauche britannique de l&rsquo;&eacute;poque. Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Congr&egrave;s en 1926, il en devient&nbsp; &agrave; son tour le pr&eacute;sident dix ans plus tard. Si le mahatma est le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; chef spirituel &quot; <\/span>du mouvement national indien, il en est le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; chef&nbsp; temporel &quot;. <\/span><\/p>\n<p>En 1935, la Grande-Bretagne offre &agrave; l&rsquo;Inde une autonomie interne qui semble &ecirc;tre le pr&eacute;lude &agrave; un statut de dominion analogue &agrave; celui du Canada ou de l&rsquo;Australie. Mais la plupart des dirigeants du Congr&egrave;s jugent que c&rsquo;est <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; trop peu et trop tard &quot;<\/span>. En 1942, les dirigeants du Congr&egrave;s lancent une campagne pour le d&eacute;part imm&eacute;diat des Britanniques. Nehru n&rsquo;est pas enthousiaste : cette initiative tient de la provocation, alors que la Grande-Bretagne est engag&eacute;e dans une lutte &agrave; mort avec l&rsquo;Allemagne nazie, et au moment o&ugrave; les Japonais ont envahi la Birmanie, aux portes m&ecirc;mes de l&rsquo;Inde. Pour autant, il ne peut se d&eacute;solidariser de ses amis. Cela lui vaut un long internement.&nbsp; Une fois la guerre termin&eacute;e, le premier ministre britannique Clement Atlee, un travailliste, se r&eacute;sout &agrave; accorder une ind&eacute;pendance sans restriction. Gandhi et Nehru sont consid&eacute;r&eacute;s, dans ce contexte, comme les repr&eacute;sentants l&eacute;gitimes de la majorit&eacute; hindoue et des minorit&eacute;s plus ou moins apparent&eacute;es, comme les sikhs. Tandis que les musulmans, qui r&eacute;clament un Etat s&eacute;par&eacute;, se donnent pour leader Ali Jinnah, un patricien &eacute;l&eacute;gant form&eacute;, lui aussi, en Grande-Bretagne.<\/p>\n<p>En 1947, Atlee charge un ultime vice-roi, Lord Mountbatten, d&rsquo;organiser l&rsquo;ind&eacute;pendance. Cet aristocrate d&rsquo;origine allemande, li&eacute; &agrave; la famille royale, a &eacute;t&eacute; un des h&eacute;ros de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Ami de Churchill, il n&rsquo;en affiche pas moins des id&eacute;es de gauche, tout comme sa femme Edwina. D&egrave;s qu&rsquo;il s&rsquo;installe &agrave; New Delhi, il s&rsquo;entiche du chef du Congr&egrave;s. Difficile de d&eacute;m&ecirc;ler ses motivations exactes. Admiration pour les mani&egrave;res exquises de Nehru, son humour au second degr&eacute; ? Snobisme ? Affinit&eacute;s politiques ?&nbsp; Fantasmes &eacute;rotiques ?&nbsp; Edwina devient tr&egrave;s vite la ma&icirc;tresse du brahmane vieillissant (veuf depuis 1936), et le vice-roi semble s&rsquo;amuser de cette situation&hellip; <\/p>\n<p>En tout cas, Nehru est en position de force, dans les derni&egrave;res semaines qui pr&eacute;c&egrave;dent l&rsquo;ind&eacute;pendance, pour n&eacute;gocier des conditions de plus en plus favorables &agrave; l&rsquo;Etat hindou. Le 15 ao&ucirc;t 1947,&nbsp; l&rsquo;Empire des Indes se scinde en deux dominions : l&rsquo;Inde &agrave; majorit&eacute; hindoue, au centre, et le Pakistan &agrave; majorit&eacute; musulmane, bizarrement form&eacute; de deux entit&eacute;s situ&eacute;es respectivement &agrave; l&rsquo;ouest de l&rsquo;ancien Empire, le long de l&rsquo;Indus, et &agrave; l&rsquo;est, dans le delta du Bengale. Des millions d&rsquo;&ecirc;tres humains passent les nouvelles fronti&egrave;res dans les deux sens. Il y a des pillages, des massacres. Gandhi est assassin&eacute;.<\/p>\n<p>Le r&eacute;gime du dominion n&rsquo;est qu&rsquo;un interm&egrave;de. D&egrave;s 1950, l&rsquo;Inde se constitue en R&eacute;publique f&eacute;d&eacute;rale d&eacute;mocratique. En fait, Nehru, devenu premier ministre,&nbsp; a succ&eacute;d&eacute; au vice-roi, qui n&rsquo;&eacute;tait lui-m&ecirc;me que l&rsquo;h&eacute;ritier des empereurs mogols : un pouvoir <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; de droit divin &quot;<\/span> que personne ne pense &agrave; contester. Et qui semble le seul appropri&eacute; &agrave; un pays-continent : trois millions de kilom&egrave;tres carr&eacute;s, 350 millions d&rsquo;habitants, une demi-douzaine de races, un millier de langues et de dialectes, une vingtaine de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; langues principales &quot;,<\/span> une demi-douzaine de religions, l&rsquo;atomisation &agrave; l&rsquo;infini de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; travers le syst&egrave;me des castes&hellip; Une d&eacute;mocratie &agrave; l&rsquo;occidentale, une dictature militaire, comme celle qui s&rsquo;installe au Pakistan d&egrave;s la disparition de Jinnah, ou un r&eacute;gime de parti unique, analogue &agrave; celui que Mao instaure en Chine, n&rsquo;auraient tout simplement pas trouv&eacute; d&rsquo;assise dans un tel cadre. <\/p>\n<p>Nehru habite Teen Murti House, la Maison aux Trois Statues :&nbsp; l&rsquo;ancien palais du commandant en chef britannique, au c&oelig;ur de la New-Delhi n&eacute;oclassique dessin&eacute;e en 1913 par Edwin Lutyens. C&rsquo;est une immense demeure en pierre ocre et rouge. Les pi&egrave;ces y sont d&eacute;cor&eacute;es de tableaux militaires que l&rsquo;on exp&eacute;die bient&ocirc;t sous les combles.&nbsp; Habill&eacute; d&rsquo;une stricte tunique blanche et d&rsquo;un petit calot de la m&ecirc;me couleur, honor&eacute; du titre de <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; pandit &quot;<\/span> (docteur de la tradition hindoue), le premier ministre travaille derri&egrave;re un long bureau de bois rouge, orn&eacute; d&rsquo;une seule rose. Sa fille Indira, en sari, lui tient lieu de secr&eacute;taire, d&rsquo;infirmi&egrave;re, de confidente. Au point de n&eacute;gliger son mari Feroze Gandhi (sans lien de famille avec le mahatma), un riche commer&ccedil;ant parsi de Lucknow. Les enfants, Rajiv, n&eacute; en 1944, et Sanjay, n&eacute; en 1946, viennent&nbsp; vivre aupr&egrave;s d&rsquo;elle &ndash; et de leur grand-p&egrave;re. Feroze effectue des visites fr&eacute;quentes, mais ne se r&eacute;sout pas &agrave; s&rsquo;installer &eacute;galement &agrave; Teen Murti House. Finalement, il se fait &eacute;lire d&eacute;put&eacute;, ce qui lui permet de r&eacute;sider dans la capitale sans perdre la face. Mais il habite dans un petit bungalow &agrave; prix mod&eacute;r&eacute;, mis par l&rsquo;Etat &agrave; la disposition des parlementaires&hellip;<\/p>\n<p>Le soir, Nehru et sa fille re&ccedil;oivent des hommes politiques ou des visiteurs, mais aussi des universitaires ou des artistes. Andr&eacute; Malraux croit voir le <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; philosophe-roi &quot; <\/span>de Platon. L&rsquo;&eacute;conomiste John Kenneth Galbraith, historien de la crise de 1929, dont John Kennedy a fait son ambassadeur en Inde, vient prendre le th&eacute; chaque semaine pour discuter du <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; d&eacute;collage &eacute;conomique &quot;<\/span> et du <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; n&eacute;ocapitalisme &quot;. <\/span><br style=&quot;font-style: italic;&quot; \/><br \/>Quand il effectue une visite officielle &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, Nehru emm&egrave;ne sa fille, qui devient ainsi, de facto, la <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; premi&egrave;re dame de l&rsquo;Inde &quot;.<\/span> Et qui apprend l&rsquo;art de n&eacute;gocier d&rsquo;Etat &agrave; Etat. Indira m&egrave;ne en outre sa propre carri&egrave;re politique. Elue d&eacute;put&eacute;e en 1955, elle acc&egrave;de en 1959 aux fonctions qui furent celles de son grand-p&egrave;re et son p&egrave;re : pr&eacute;sidente du parti du Congr&egrave;s. Mais le premier ministre se refuse &agrave; la faire entrer au gouvernement : <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Pas tant que je serai au pouvoir &quot;<\/span>, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Ma&icirc;tre de l&rsquo;Inde, Nehru met en pratique les id&eacute;aux de sa jeunesse : la non-violence du mahatma&nbsp; (New-Delhi prend la t&ecirc;te des pays dits <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; non-align&eacute;s &quot;<\/span>), le r&eacute;formisme prudent mais bureaucratique pr&ocirc;n&eacute; par la gauche britannique. Cette idylle se brise en 1962 sur la <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; guerre de l&rsquo;Himalaya &quot;<\/span> : la Chine occupe une partie du Cachemire indien, &agrave; plus de 4000 m&egrave;tres d&rsquo;altitude. Nehru est atterr&eacute; &agrave; la fois par la <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; trahison &quot; <\/span>de Mao, qu&rsquo;il avait toujours trait&eacute; en ami, et par l&rsquo;impossibilit&eacute; de riposter dans cette r&eacute;gion. Il en meurt deux ans plus tard. <\/p>\n<p>Un vieux politicien, Lal Bahdur Shastri, prend la t&ecirc;te du gouvernement . Simple transition : quand il meurt &agrave; son tour en 1966, Indira lui succ&egrave;de. Elle reste au pouvoir jusqu&rsquo;en 1977 : nouvelle politique &eacute;trang&egrave;re, plus nationaliste (une guerre-&eacute;clair, en 1971, assure l&rsquo;ind&eacute;pendance du Pakistan-Est) ; nouvelle politique sociale et &eacute;conomique,&nbsp; ax&eacute;e d&eacute;sormais sur le d&eacute;veloppement plut&ocirc;t que la protection des pauvres ;&nbsp; et nouveau style de gouvernement, plus flamboyant que celui de Nehru, plus <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; charismatique &quot;<\/span>, plus autoritaire, qui tourne presque &agrave; la dictature en 1975, avec l&rsquo;instauration de l&rsquo; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; &eacute;tat d&rsquo;urgence &quot;.<\/span> Le Congr&egrave;s regimbant devant cette &eacute;volution, Indira n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; lui substituer son propre parti, le Congr&egrave;s-Indira (ou <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; Congr&egrave;s I &quot;<\/span>). Mais des &eacute;lections libres ont tout de m&ecirc;me lieu en 1977 : et elles se soldent par une d&eacute;route. Indira n&rsquo;est m&ecirc;me pas r&eacute;&eacute;lue dans sa propre circonscription.<\/p>\n<p>Pendant trois ans, un transfuge du Congr&egrave;s devenu lib&eacute;ral, Morarji Desai, tente d&rsquo;instaurer une v&eacute;ritable R&eacute;publique. Echec cuisant. D&egrave;s 1980, Indira revient au pouvoir. Cette fois, elle &eacute;vite de porter atteinte aux libert&eacute;s publiques. Sans renoncer &agrave; son autorit&eacute;. Elle meurt au printemps 1984, assassin&eacute;e par ses gardes du corps sikhs, qui ne lui pardonnent pas d&rsquo;avoir fait prendre d&rsquo;assaut quelque temps auparavant&nbsp; le lieu saint de leur religion, le Temple d&rsquo;Or d&rsquo;Amritsar, o&ugrave; s&rsquo;&eacute;taient barricad&eacute;s des rebelles. <\/p>\n<p>Sanjay, le fils cadet, devait lui succ&eacute;der. Beau comme Nehru, il incarnait <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; l&rsquo;Inde des jeunes &quot;<\/span>, la g&eacute;n&eacute;ration qui n&rsquo;avait pas connu la domination britannique. Mais il s&rsquo;est tu&eacute; en 1980 dans un accident d&rsquo;avion. Peut-&ecirc;tre un meurtre maquill&eacute;. Indira a alors fait appel &agrave; l&rsquo;a&icirc;n&eacute;, Rajiv, qui avait jusque l&agrave; pr&eacute;f&eacute;r&eacute; les affaires &agrave; la politique. Pendant quatre ans, elle l&rsquo;a initi&eacute; aux arcanes du gouvernement.&nbsp; Apr&egrave;s l&rsquo;attentat de 1984, il devient premier ministre &agrave; son tour : un r&egrave;gne de cinq ans, marqu&eacute; par une esquisse de lib&eacute;ralisation &eacute;conomique . Battu aux &eacute;lections de 1989, il est assassin&eacute; en 1991 par des nationalistes tamouls, quelques jours &agrave; peine avant un nouveau scrutin o&ugrave; il partait favori, et qui, de fait, se solde par une victoire du Congr&egrave;s. <\/p>\n<p>La logique dynastique voudrait alors que Rajiv soit remplac&eacute; par sa veuve, Sonia. Elle s&rsquo;y refuse. Le pouvoir &eacute;choit &agrave; Pamulaparthi&nbsp; Venkata&nbsp; Narasimha Rao, un Indien du Sud &agrave; la peau sombre. Cette fois, ce n&rsquo;est plus un gouvernement par procuration : Rao, septuag&eacute;naire, est un homme d&rsquo;Etat s&ucirc;r de lui-m&ecirc;me, de sa l&eacute;gitimit&eacute;, de ses id&eacute;es. Les Gandhi semblent s&rsquo;effacer, et la R&eacute;publique l&rsquo;emporter enfin sur la monarchie. Cette &eacute;volution s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;re avec l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir, en 1996, du BJP, un parti conservateur hindouiste dirig&eacute; par Atal Bihari Vajpayee. Cette formation reste aux affaires pendant pr&egrave;s d&rsquo;une d&eacute;cennie, gagne plusieurs &eacute;lections. L&rsquo;Inde est entr&eacute;e dans un r&eacute;gime de v&eacute;ritable alternance.<\/p>\n<p>Peu &agrave; peu, le Congr&egrave;s doit se rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence. Sa meilleure carte, c&rsquo;est paradoxalement&nbsp; la dynastie. Comme l&eacute;gende, sinon comme syst&egrave;me de gouvernement. Sonia revient sur le devant de la sc&egrave;ne, avec Rahul et Priyanka. Jusqu&rsquo;&agrave; la revanche de 2004.<\/p>\n<p>Le bilan de la monarchie Nehru-Gandhi ? L&rsquo;Inde de la deuxi&egrave;me moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle et du d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle reste un pays tr&egrave;s pauvre, avec un revenu par habitant de 735 dollars seulement en 2005. Mais dot&eacute; d&rsquo;une <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; force de frappe &quot;<\/span> scientifique et technologique qui lui permet aujourd&rsquo;hui de redresser tr&egrave;s vite sa situation. La population a tripl&eacute; depuis l&rsquo;ind&eacute;pendance (plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;habitants aujourd&rsquo;hui), mais cette progression tend aujourd&rsquo;hui &agrave; s&rsquo;assagir. D&egrave;s la fin des ann&eacute;es 1960, la <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; r&eacute;volution verte &quot;<\/span>&nbsp; a permis d&rsquo;assurer l&rsquo;autosuffisance alimentaire. G&eacute;opolitiquement, la dynastie a su marginaliser le Pakistan et acqu&eacute;rir l&rsquo;arme atomique. Mis &agrave; part l&rsquo; <span style=&quot;font-style: italic;&quot;>&quot; &eacute;tat d&rsquo;urgence &quot;<\/span> des ann&eacute;es 1975-1977, la d&eacute;mocratie a &eacute;t&eacute; pr&eacute;serv&eacute;e et s&rsquo;est consolid&eacute;e.<\/p>\n<p>Les Mogols et les vice-rois britanniques n&rsquo;ont pas &agrave; rougir de leurs successeurs.<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Nehru-Gandhi r&egrave;gnent sur l&apos;Inde depuis plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle. Monarques presque absolus jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1970. Princes r&eacute;publicains par la suite. Mais aujourd&apos;hui, une rivalit&eacute; sourde oppose deux h&eacute;ritiers : Rahul, 36 ans, et sa soeur Priyanka, 35 ans.<\/p>\n<p> <a href=\"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/inde-la-dynastie-gandhi\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Inde\/ La dynastie Gandhi &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[242],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563"}],"collection":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=563"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2394,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563\/revisions\/2394"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}