{"id":719,"date":"2019-02-17T13:01:00","date_gmt":"2019-02-17T12:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=719"},"modified":"2021-01-14T21:12:17","modified_gmt":"2021-01-14T20:12:17","slug":"la-flotte-blanche-de-la-mer-noire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/la-flotte-blanche-de-la-mer-noire\/","title":{"rendered":"La Flotte blanche de la mer Noire"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>L&rsquo;escadre imp&eacute;riale russe de S&eacute;bastopol ne s&rsquo;est jamais soumise aux bolcheviques. En 1921, elle cingle vers Bizerte, la base navale fran&ccedil;aise de Tunisie&hellip;<\/span><\/p>\n<p><style type=&quot;text\/css&quot;>\n<!--\n \/* Font Definitions *\/\n@font-face\n\t{font-family:Cambria;\n\tpanose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;\n\tmso-font-charset:0;\n\tmso-generic-font-family:auto;\n\tmso-font-pitch:variable;\n\tmso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}\n \/* Style Definitions *\/\np.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal\n\t{mso-style-parent:&quot;&quot;;\n\tmargin:0cm;\n\tmargin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:12.0pt;\n\tfont-family:&quot;Times New Roman&quot;;\n\tmso-ascii-font-family:Cambria;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-font-family:Cambria;\n\tmso-fareast-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Cambria;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-bidi-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;\n\tmso-bidi-theme-font:minor-bidi;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n@page Section1\n\t{size:612.0pt 792.0pt;\n\tmargin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt;\n\tmso-header-margin:36.0pt;\n\tmso-footer-margin:36.0pt;\n\tmso-paper-source:0;}\ndiv.Section1\n\t{page:Section1;}\n-->\n<\/style>\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Dans notre imaginaire, la mer Noire est rouge. Il y a d&rsquo;abord le film de Sergue&iuml; Eisenstein, <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>Le Cuirass&eacute; Potemkine<\/em>, r&eacute;alis&eacute; en 1925 et sorti en 1926, qui relate la mutinerie d&rsquo;un navire de la Flotte imp&eacute;riale russe au large d&rsquo;Odessa, vingt ans plus t&ocirc;t. Ce film, qui multipliait les innovations en mati&egrave;re de prise de vue ou de montage, et qui pr&eacute;sentait de mani&egrave;re explicite de nombreuses sc&egrave;nes de violence, n&rsquo;obtint qu&rsquo;un succ&egrave;s mitig&eacute; dans le public auquel il &eacute;tait destin&eacute;&nbsp;: les <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;masses laborieuses&nbsp;&raquo;<\/em> de Russie sovi&eacute;tique. Mais Staline ne le d&eacute;testa pas, ce qui ne fut pas sans cons&eacute;quence sur la carri&egrave;re ult&eacute;rieure de l&rsquo;auteur. Et surtout, il fut consid&eacute;r&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger comme un chef d&rsquo;&oelig;uvre absolu, aussi bien par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks et Mary Pickford, qui firent inviter Eisenstein &agrave; Hollywood, que par le futur ministre nazi de la Propagande, Joseph Goebbels, qui estima que <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;c&rsquo;&eacute;tait un film sans &eacute;gal&nbsp;&raquo;,<\/em> qu&rsquo;on ne pouvait regarder <em style=&quot;mso-bidi-font-style:&#xA;normal&quot;>&laquo;&nbsp;sans devenir imm&eacute;diatement bolchevique&nbsp;&raquo;.<\/em> <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>En France, le mythe du vaisseau rebelle fut raviv&eacute; dans les ann&eacute;es 1960 par Jean Ferrat, qui lui consacra l&rsquo;une de ses plus c&eacute;l&egrave;bres chansons, <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>Potemkine<\/em>&nbsp;: une oeuvre qui pouvait &ecirc;tre entendue &agrave; la fois comme une ode &agrave; la R&eacute;volution et un &eacute;loge de toutes les marines de guerre. Mais il s&rsquo;entrecroisa avec un autre mythe&nbsp;: celui des <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;mutins fran&ccedil;ais de 1919&nbsp;&raquo;. <\/em>A la suite de l&rsquo;armistice, les Alli&eacute;s avaient envoy&eacute; des escadres en mer Noire, pour veiller &agrave; l&rsquo;&eacute;vacuation des forces allemandes et emp&ecirc;cher la progression des bolcheviques. Mal men&eacute;e, mal con&ccedil;ue, l&rsquo;exp&eacute;dition provoqua des remous parmi les matelots&nbsp;: des drapeaux rouges furent parfois hiss&eacute;s. Il y eut aussi des gr&egrave;ves de solidarit&eacute; dans les ports et arsenaux fran&ccedil;ais. Deux des meneurs, Charles Tillon et Andr&eacute; Marty, devaient adh&eacute;rer au parti communiste et pr&eacute;senter ces mouvements comment une <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;insurrection&nbsp;&raquo;.<\/em> Une l&eacute;gende que le parti, ses compagnons de route et m&ecirc;me les h&eacute;r&eacute;tiques trotskystes entretinrent pieusement par la suite.<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Ces mutineries, tant russes que fran&ccedil;aises, ont bien eu lieu. Le ph&eacute;nom&egrave;ne est fr&eacute;quent dans toutes les marines, en raison inverse de la discipline qui y est impos&eacute;e. Mais elles n&rsquo;ont pas eu l&rsquo;ampleur qu&rsquo;on leur pr&ecirc;te. Et dans le cas de la Flotte imp&eacute;riale russe de la mer Noire, on peut m&ecirc;me parler d&rsquo;une mystification. Loin d&rsquo;avoir embrass&eacute; la R&eacute;volution, cette Flotte est rest&eacute;e fid&egrave;le jusqu&rsquo;au bout &agrave; la Russie traditionnelle et, plut&ocirc;t que de se rendre aux Rouges &agrave; l&rsquo;issue de la guerre civile, a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; prendre le large en 1920, vers un lointain exil&hellip; <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>C&rsquo;est en 1696 que la Russie atteint pour la premi&egrave;re fois la mer Noire, ou plus exactement son tributaire la mer d&rsquo;Azov, un bassin de quelque 40 000 kilom&egrave;tres carr&eacute;s qui ne communique avec elle que par l&rsquo;&eacute;troit d&eacute;troit de Kertch. Le tsar Pierre le Grand, qui a fait des <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;mers chaudes&nbsp;&raquo;<\/em> l&rsquo;un des objectifs strat&eacute;giques de son Empire, la ravit aux Turcs pendant quinze ans, avant de la leur restituer en 1711. Ses successeurs reconqui&egrave;rent la mer d&rsquo;Azov en 1737, puis &eacute;tendent leur domination sur toute la rive nord de la mer Noire sous Catherine II, entre 1768 et 1792. Deux ports sont cr&eacute;&eacute;s&nbsp;: S&eacute;bastopol en Crim&eacute;e pour la flotte de guerre et Odessa, pr&egrave;s de l&rsquo;embouchure du Bug et du Dniestr, pour la marine marchande. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>En 1853, pendant la guerre de Crim&eacute;e, la flotte russe de la mer Noire se saborde &agrave; S&eacute;bastopol plut&ocirc;t que de tomber aux mains des Fran&ccedil;ais et des Britanniques. Reconstitu&eacute;e dans la seconde moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle, elle b&eacute;n&eacute;ficie, apr&egrave;s la d&eacute;faite russe devant le Japon en 1905, d&rsquo;un plan de r&eacute;armement naval acc&eacute;l&eacute;r&eacute;. En 1914, quand &eacute;clate la Premi&egrave;re Guerre mondiale, elle compte pr&egrave;s de quatre-vingt b&acirc;timents de toutes classes, la plupart de facture r&eacute;cente&nbsp;: cuirass&eacute;s, fr&eacute;gates, destroyers, sous-marins. Une force formidable qui, pendant deux ans et demi, surclasse une marine ottomane elle-m&ecirc;me modernis&eacute;e et encadr&eacute;e par les Allemands. Et qui, sous commandement du contre-amiral Alexandre Koltchak, en poste entre l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1916 et le printemps 1917, parvient &agrave; bloquer compl&egrave;tement les c&ocirc;tes ottomanes et bulgares.<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>La r&eacute;volution, en mars 1917, condamne la Flotte de la Mer Noire &agrave; l&rsquo;inaction. En janvier 1918, quand L&eacute;nine signe le trait&eacute; de Brest-Litovsk avec l&rsquo;Allemagne, son destin est plus incertain encore&nbsp;: va-t-elle tomber aux mains des Empires centraux, d&rsquo;une Ukraine soudain s&eacute;par&eacute;e de la Russie, des Rouges&nbsp;? A la fin de l&rsquo;ann&eacute;e, l&rsquo;horizon semble s&rsquo;&eacute;claircir. Les Alli&eacute;s ont finalement gagn&eacute; la guerre et d&eacute;cident en outre d&rsquo;intervenir dans l&rsquo;ex-Empire russe aux c&ocirc;t&eacute;s des forces antibolcheviques. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>En Pologne, en Finlande et dans les pays baltes, cette intervention est un succ&egrave;s : peu de probl&egrave;mes logistiques en raison de la proximit&eacute; g&eacute;ographique, des gouvernements ind&eacute;pendants qui b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;un large soutien populaire. Il en va autrement en Sib&eacute;rie, en Ukraine, dans le Caucase : l&rsquo;acheminement des troupes et des mat&eacute;riels alli&eacute;s est difficile&nbsp;; les militaires russes antibolcheviques &ndash; les Blancs -, d&eacute;cid&eacute;s &agrave; restaurer l&rsquo;Empire sous une forme monarchique ou autoritaire, s&rsquo;opposent &agrave; la fois aux mouvements nationalistes locaux et aux milieux russes lib&eacute;raux. Ils recourent parfois, pour asseoir leur autorit&eacute;, aux m&ecirc;mes m&eacute;thodes de terreur aveugle que les bolcheviks, notamment en tol&eacute;rant ou encourageant des pogroms. Cela suscite un retournement de la presse occidentale, a priori favorable &agrave; leur cause. Winston Churchill, l&rsquo;un des principaux soutiens des Blancs au parlement britannique, leur fait savoir&nbsp;:<span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;>&nbsp; <\/span><em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;Ma t&acirc;che&hellip; va &ecirc;tre infiniment plus difficile si nous continuons &agrave; recevoir des plaintes d&ucirc;ment v&eacute;rifi&eacute;es&hellip; provenant des zones contr&ocirc;l&eacute;es par vos arm&eacute;es&nbsp;&raquo;.<\/em> (1)<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Pendant un bref moment, au printemps 1919, les Blancs semblent cependant &ecirc;tre sur le point de l&rsquo;emporter. L&rsquo;amiral Koltchak, exil&eacute; aux Etats-Unis apr&egrave;s la chute du tsar, a pris le commandement des forces rebelles en Sib&eacute;rie&nbsp;: il menace l&rsquo;Oural. En Ukraine, les g&eacute;n&eacute;raux Anton Denikine et Piotr Wrangel contr&ocirc;lent l&rsquo;Ukraine, la Crim&eacute;e, une partie de la Russie du Sud. Mais les deux arm&eacute;es blanches ne parviennent pas &agrave; se rejoindre. Et une offensive de Wrangel en direction de Moscou &eacute;choue en ao&ucirc;t 1919. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Les Rouges reprennent peu &agrave; peu l&rsquo;avantage. Les Alli&eacute;s, lass&eacute;s, se retirent&nbsp;; et sans leur aide, les Blancs ne peuvent plus r&eacute;sister. Koltchak, fait prisonnier &agrave; Irkoutsk en janvier 1920, est condamn&eacute; &agrave; mort et ex&eacute;cut&eacute;, bien que L&eacute;nine et Trotsky, qui respectaient son talent militaire et esp&eacute;raient son ralliement, aient t&eacute;l&eacute;graphi&eacute; de l&rsquo;&eacute;pargner. Denikine d&eacute;missionne en f&eacute;vrier 1920 et se r&eacute;fugie &agrave; Constantinople, alors sous occupation alli&eacute;e. Wrangel, qui a regroup&eacute; ses derni&egrave;res troupes en Crim&eacute;e, d&eacute;cide en novembre 1920 une &eacute;vacuation g&eacute;n&eacute;rale. Par mer.<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Car la Flotte russe de la mer Noire est toujours l&agrave;. Quelques b&acirc;timents se sont ralli&eacute;s aux Rouges, d&rsquo;autres ont &eacute;t&eacute; sabot&eacute;s ou coul&eacute;s. Mais pr&egrave;s de la moiti&eacute; du dispositif de 1914 est intact, sous le commandement des amiraux Mikha&iuml;l Kedrov et Mikha&iuml;l Berens, et bat toujours le pavillon tsariste. Wrangel mobilise en outre tous les vaisseaux civils de Crim&eacute;e et des alentours, du cargo &agrave; la chaloupe, russes ou &eacute;trangers&nbsp;: r&eacute;unissant, au total, pas moins de cent vingt-six b&acirc;timents. Il embarque 145 000 personnes&nbsp;: principalement des militaires, mais aussi plusieurs milliers de civils. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>La <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;flotte Wrangel&nbsp;&raquo;<\/em> traverse la mer Noire en quelques jours&nbsp;: la plupart des passagers d&eacute;barquent &agrave; Constantinople, et les vaisseaux civils sont restitu&eacute;s &agrave; leurs propri&eacute;taires. Quant aux navires de guerre, ils se placent sous la sauvegarde de la flotte fran&ccedil;aise de M&eacute;diterran&eacute;e et de mer Noire, qui les conduit, en f&eacute;vrier 1921, &agrave; la base de Bizerte, en Tunisie. Les soldats et civils rest&eacute;s &agrave; bord sont autoris&eacute;s &agrave; gagner la France m&eacute;tropolitaine, o&ugrave; ils rejoignent une communaut&eacute; russe exil&eacute;e d&eacute;j&agrave; importante. Beaucoup d&rsquo;entre eux m&egrave;neront, jusque dans les ann&eacute;es 1960, une vie de <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;perdants magnifiques&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>: chauffeurs de taxis, gardes du corps, maitres d&rsquo;h&ocirc;tel. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>En 1924, la France se r&eacute;sout &agrave; reconna&icirc;tre le gouvernement sovi&eacute;tique. Ce qui implique la restitution de la Flotte de la mer Noire. Mais les experts que Moscou d&eacute;p&ecirc;che &agrave; Bizerte constatent que les b&acirc;timents d&eacute;sarm&eacute;s et consign&eacute;s pr&egrave;s de quatre ans plus t&ocirc;t n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; entretenus et que leur remise en &eacute;tat couterait trop cher. Les navires sont d&eacute;mont&eacute;s un &agrave; un, et leurs mat&eacute;riaux vendus au poids. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Wrangel s&eacute;journe d&rsquo;abord &agrave; Constantinople, puis &agrave; Belgrade, avant de s&rsquo;installer &agrave; Bruxelles o&ugrave; il obtient un emploi d&rsquo;ing&eacute;nieur. Il r&eacute;dige ses m&eacute;moires, qui seront publi&eacute;s dans la presse russe &eacute;migr&eacute;e. Le 25 avril 1928, il meurt subitement. La rumeur veut qu&rsquo;il ait &eacute;t&eacute; empoisonn&eacute; par un domestique infiltr&eacute; par la Gu&eacute;p&eacute;ou. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Quelque cent cinquante mille Blancs avaient refus&eacute; de s&rsquo;embarquer avec Wrangel en 1920. Un grand nombre d&rsquo;entre eux seront massacr&eacute;s : certaines sources parlent de quarante mille morts, d&rsquo;autre de cent mille. <\/span><\/p>\n<div style=&quot;mso-element:para-border-div;border:none;border-bottom:solid windowtext 1.5pt;&#xA;padding:0cm 0cm 1.0pt 0cm;margin-left:1.0cm;margin-right:0cm&quot;>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;border:none;mso-border-bottom-alt:solid windowtext 1.5pt;&#xA;padding:0cm;mso-padding-alt:0cm 0cm 1.0pt 0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-size:10.0pt;&#xA;mso-bidi-font-size:12.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Notes<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoListParagraph&quot; style=&quot;margin-left:46.35pt;mso-add-space:auto;&#xA;text-indent:-18.0pt;mso-list:l0 level1 lfo1&quot;><span style=&quot;font-size:10.0pt;mso-bidi-font-size:12.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;;&#xA;mso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;mso-bidi-font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;><span style=&quot;mso-list:Ignore&quot;>(1)<span style=&quot;font:7.0pt &quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/span><\/span><\/span><span style=&quot;font-size:10.0pt;mso-bidi-font-size:&#xA;12.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>Les pogroms des ann&eacute;es 1919-1922 ont probablement fait cent cinquante mille victimes. La plupart des exactions antijuives &ndash; plus de 50 % &#8211; semblent avoir &eacute;t&eacute; commises par des cosaques servant aussi bien dans les forces blanches que dans l&rsquo;Arm&eacute;e rouge, et par des miliciens ukrainiens. <\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:&#xA;normal&quot;><span style=&quot;font-family:Baskerville&quot;>Fondateur et pr&eacute;sident du Colloquium Jean Bodin, Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.<\/span><\/em><\/p>\n<p class=&quot;MsoListParagraphCxSpFirst&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm;mso-add-space:auto&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=&quot;MsoListParagraphCxSpMiddle&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm;mso-add-space:&#xA;auto&quot;><strong style=&quot;mso-bidi-font-weight:normal&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&copy; Michel Gurfinkiel et Valeurs Actuelles, 2019<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=&quot;MsoListParagraphCxSpLast&quot; style=&quot;margin-left:1.0cm;mso-add-space:auto&quot;><span style=&quot;font-family:&quot;Times New Roman&quot;&quot;>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p><style type=&quot;text\/css&quot;>\n<!--\n \/* Font Definitions *\/\n@font-face\n\t{font-family:Cambria;\n\tpanose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;\n\tmso-font-charset:0;\n\tmso-generic-font-family:auto;\n\tmso-font-pitch:variable;\n\tmso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}\n@font-face\n\t{font-family:Baskerville;\n\tpanose-1:2 2 5 2 7 4 1 2 3 3;\n\tmso-font-charset:0;\n\tmso-generic-font-family:auto;\n\tmso-font-pitch:variable;\n\tmso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}\n \/* Style Definitions *\/\np.MsoNormal, li.MsoNormal, 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