{"id":4027,"date":"2020-12-21T16:39:00","date_gmt":"2020-12-21T15:39:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=4027"},"modified":"2021-02-10T17:12:51","modified_gmt":"2021-02-10T16:12:51","slug":"et-fleming-crea-bond","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/et-fleming-crea-bond\/","title":{"rendered":"ET FLEMING CREA BOND"},"content":{"rendered":"\n<p><em><font style=\"vertical-align: inherit;\"><font style=\"vertical-align: inherit;\"><strong>Comment un ex-espion d\u00e9sargent\u00e9 sauva l&rsquo;honneur d&rsquo;un ex-Empire &#8230;<\/strong><\/font><\/font><\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"author-upp\">MICHEL GURFINKIEL<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>En 1916, quand ils ont atteint respectivement les \u00e2ges de huit et neuf ans, Ian Fleming et son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Peter sont envoy\u00e9s au pensionnat de Durnford, sur la c\u00f4te du Dorset&nbsp;: une de ces p\u00e9pini\u00e8res o\u00f9 les enfants britanniques de bonne famille apprennent \u00e0 devenir les ma\u00eetres du monde. Ce qui implique, en fait, de m\u00e9moriser beaucoup de latin et de grec, de dormir \u00e0 la dure, de s\u2019habituer \u00e0 des nourritures innommables, d\u2019\u00eatre pers\u00e9cut\u00e9s par les \u00e9l\u00e8ves plus \u00e2g\u00e9s et de pers\u00e9cuter en retour les plus jeunes. <em>\u00ab&nbsp;On sortait de l\u00e0&nbsp;\u00bb,<\/em> \u00e9crira plus tard Nicholas Elliott, un condisciple des Fleming qui fera carri\u00e8re dans les services secrets, <em>\u00ab&nbsp;avec le sentiment que d\u00e9sormais rien de pire ne pouvait d\u00e9sormais nous arriver.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Durnford passe pourtant, au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, pour le plus <em>\u00ab&nbsp;lib\u00e9ral&nbsp;\u00bb<\/em> de ces bagnes pour enfants riches. Le programme comporte, outre Cic\u00e9ron et Plutarque, des lectures publiques de romans d\u2019aventure&nbsp;: notamment <em>Le Prisonnier de Zenda<\/em>, c\u00e9l\u00e8bre feuilleton de cape, d\u2019\u00e9p\u00e9e, de <em>love interest<\/em>, d\u2019intrigues politiques et g\u00e9opolitiques, situ\u00e9e en Ruritanie, quelque part au fond des Balkans. Et aussi, chaque fois que le temps le permet, des bains d\u2019eau de mer. Comme le rapporte Andrew Lycett, l\u2019auteur de la premi\u00e8re biographe d\u2019Ian Fleming, parue en 1975&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Le directeur, connu sous les initiales de TP, avait fait creuser sur le rivage, \u00e0 la dynamite, un bassin o\u00f9 ma\u00eetres et \u00e9coliers venaient barboter ensemble, dans le plus simple appareil\u2026 TP, qui ne gardait pour l\u2019occasion qu\u2019un vieux panama viss\u00e9 sur la t\u00eate, se faisait chahuter sans fa\u00e7on par les gar\u00e7ons.&nbsp;\u00bb<\/em> Ces excentricit\u00e9s, tant litt\u00e9raires que natatoires, font une impression durable sur le petit Ian qui, en fait, r\u00e8gle sur elles le reste de sa vie avant de les sublimer, sur le tard, dans le personnage de <em>\u00ab&nbsp;James Bond, agent 007&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ian Lancaster Fleming est n\u00e9 \u00e0 Londres en 1908, dans le quartier hupp\u00e9 de Mayfair. Son grand-p\u00e8re paternel Robert Fleming, un financier \u00e9cossais, laisse 3 millions de livres sterling lors de son d\u00e9c\u00e8s en 1935, soit l\u2019\u00e9quivalent de 213 millions d\u2019euros en 2020. Son p\u00e8re, Valentine Fleming, l\u2019a\u00een\u00e9 des cinq enfants de Robert, m\u00e8ne une vie \u00e9l\u00e9gante, avant d\u2019\u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 conservateur en 1910 et de se faire tuer en 1917 sur le front de Picardie.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 maternel, un grand p\u00e8re, Sir Philip Rose, a \u00e9t\u00e9 un collaborateur de Disraeli, et l\u2019autre, Sir Richard Quain, est un chirurgien r\u00e9put\u00e9, consult\u00e9 par la Cour. La m\u00e8re, Evelyne Beatrice Ste Croix Rose, dite Eve, ajoute un temp\u00e9rament artiste \u00e0 une beaut\u00e9 saisissante : <em>\u00ab&nbsp;Elle estimait que l\u2019argent \u00e9tait fait pour \u00eatre d\u00e9pens\u00e9 \u00bb,<\/em> \u00e9crit Lycett. Mais elle saura g\u00e9rer le sien, le moment venu, avec un froid discernement. Le couple a quatre enfants : l\u2019a\u00een\u00e9, Peter passe pour \u00eatre de sant\u00e9 fragile. Cela ne l\u2019emp\u00eache pas de devenir tr\u00e8s vite un voyageur imp\u00e9nitent, notamment au Turkestan et en Chine, puis, tr\u00e8s vite, un \u00e9crivain \u00e0 succ\u00e8s. Ian l\u2019admire, non sans le jalouser.<\/p>\n\n\n\n<p>La mal\u00e9diction des grandes familles britanniques, ce sont les lois successorales. Au droit d\u2019a\u00eenesse, souvent en vigueur, s\u2019ajoute la facult\u00e9, pour les parents, de disposer arbitrairement de leur fortune par testament, sans de soucier, comme c\u2019est le cas en France, d\u2019une <em>\u00ab&nbsp;part r\u00e9serv\u00e9e&nbsp;\u00bb.<\/em> Robert Fleming, le patriarche, qui n\u2019a jamais<\/p>\n\n\n\n<p>approuv\u00e9 le mariage de Valentine et d\u2019Eve, accorde \u00e0 son fils 250 000 livres (une vingtaine de millions d\u2019euros de 2020) et quelques belles propri\u00e9t\u00e9s agricoles&nbsp;; mais il l\u00e8gue le reste de sa fortune \u00e0 ses autres enfants. Valentine, \u00e0 son tour, \u00e9labore ce que sa veuve appellera <em>\u00ab&nbsp;un m\u00e9chant testament&nbsp;\u00bb.<\/em> Il l\u00e8gue sa fortune \u00e0 un fonds dont elle sera l\u2019unique b\u00e9n\u00e9ficiaire&nbsp;: \u00e0 condition qu\u2019elle ne se remarie jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Ultime d\u00e9convenue, qui touche Ian plus particuli\u00e8rement&nbsp;: Eve favorise, parmi ses enfants, ceux qui ont fond\u00e9 une famille. Peter lui donne vite satisfaction. Ian n\u2019y parvient pas. Le voici quasiment sans le sou, sans pouvoir renoncer, pour autant, au luxe et aux ambitions dans lesquels il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9. Certes, l\u2019Empire britannique a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti par des cadets d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, qui n\u2019avaient d\u2019autre choix, pour survivre, que de fonder une colonie outre-mer. Mais en 1930, quand Ian atteint l\u2019\u00e2ge adulte, il n\u2019y a plus de terre vierge \u00e0 d\u00e9couvrir ni de contr\u00e9e \u00e0 conqu\u00e9rir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ian tente donc d\u2019imiter son fr\u00e8re, en voyageant et en \u00e9crivant. Principal avantage du pensionnat puis de la <em>public school<\/em> (en l\u2019occurrence Eton, la plus cot\u00e9e)&nbsp;: les anciens \u00e9l\u00e8ves se soutiennent entre eux. Cela lui ouvre les portes de Reuters, o\u00f9 il apprend l\u2019art des phrases courtes, des choses vues et des d\u00e9tails vrais. En 1933, il s\u00e9journe en URSS, portant par provocation <em>\u00ab&nbsp;un costume criard en tweed qu\u2019il n\u2019oserait certainement pas mettre en Angleterre \u00bb.<\/em> Moscou le frappe par sa tristesse&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Rien dans les vitrines, \u00e0 part quelques bustes de L\u00e9nine et de Staline&nbsp;\u00bb.<\/em> Il ne d\u00e9croche pas une interview de Staline (le dictateur a d\u00e9clin\u00e9 la proposition avec beaucoup de politesse) mais d\u00e9couvre la vodka, qui devient l\u2019un de ses alcools favoris.<\/p>\n\n\n\n<p>Reuters veut l\u2019envoyer \u00e0 Shanghai. Mais d\u2019autres <em>Old Boys<\/em> (anciens condisciples) lui offrent un poste d\u2019analyste financier \u00e0 la City, beaucoup mieux pay\u00e9, qu\u2019il n\u2019ose pas refuser. Pour tromper l\u2019ennui qui s\u2019attache \u00e0 cette nouvelle profession, il donjuanise. Dans l\u2019Angleterre des ann\u00e9es trente, les classes moyennes restent attach\u00e9es \u00e0 la moralit\u00e9 victorienne. Mais la bonne soci\u00e9t\u00e9 s\u2019adonne, selon l\u2019expression re\u00e7ue, \u00e0 toutes les <em>\u00ab&nbsp;charades&nbsp;\u00bb<\/em> possibles. Ian, \u00e0 qui un nez cass\u00e9 (suite \u00e0 un accident de jeunesse) donne un charme de gentilhomme voyou, multiplie les liaisons&nbsp;: tout lui est bon, de l\u2019\u00e9tudiante ou de la villageoise tyrolienne aux femmes de ses amis. Il parvient m\u00eame \u00e0 entretenir plusieurs affaires de front, sans que les int\u00e9ress\u00e9es ne s\u2019en offusquent. Beaucoup d\u2019entre elles sont plus \u00e2g\u00e9es que lui, et fort riches. Ian r\u00e9siste pourtant \u00e0 la tentation d\u2019un mariage <em>\u00ab&nbsp;pour l\u2019argent seulement&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 24 mai 1939, il d\u00e9jeune au <em>Carlton<\/em> avec le contre-amiral John Godfrey, sans trop savoir pourquoi, mais en se doutant bien d\u2019une nouvelle intervention discr\u00e8te des ex-Etoniens. En fait, Godfrey dirige les Services secrets de la Marine (NID) et cherche \u00e0 encadrer un personnel compos\u00e9 \u00e0 90 % de techniciens avec des personnalit\u00e9s plus \u00ab&nbsp;<em>imaginatives&nbsp;\u00bb.<\/em> Ian accepte imm\u00e9diatement. Le salaire n\u2019est pas mirobolant, mais il va avec un titre de commandant de vaisseau et un bel uniforme. Et puis, comment r\u00e9sister au sentiment d\u2019\u00eatre utile au pays&nbsp;? Fleming pr\u00eatera plus tard \u00e0 James Bond, au del\u00e0 de <em>\u00ab&nbsp;bien des vices&nbsp;\u00bb<\/em>, deux vertus&nbsp;: le courage physique et le patriotisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan personnel, la Seconde Guerre mondiale est pour Ian une \u00e9poque faste. Il joue enfin un r\u00f4le important, qui lui vaut notamment d\u2019\u00eatre inform\u00e9 de secrets d\u2019Etat, tels que l\u2019existence des machines Enigma. On sollicite son avis, et certaines de ses suggestions sont retenues, comme la cr\u00e9ation d\u2019une unit\u00e9 sp\u00e9ciale charg\u00e9e exclusivement, au milieu des combats, de mettre la main sur les documents confidentiels de l\u2019ennemi. Il voyage&nbsp;: au cours d\u2019une mission \u00e0 la Jama\u00efque, il se prend de passion pour ce pays. Il assiste aussi au basculement du monde&nbsp;: l\u2019Empire britannique s\u2019efface au profit de l\u2019Empire am\u00e9ricain, l\u2019univers colonial s\u2019effiloche. A la paix, va-t-il redevenir le cadet sans fortune qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pas exactement. L\u2019\u00e2ge venant, il se marie enfin. Il renoue avec le journalisme&nbsp;: mais cette fois, c\u2019est en tant que grand reporter au <em>Sunday Times<\/em>. Et il obtient, chaque hiver, un cong\u00e9 pour <em>\u00ab&nbsp;\u00e9crire des livres&nbsp;\u00bb,<\/em> qu\u2019il passe \u00e0 Goldeneye <em>(\u00ab&nbsp;L\u2019\u0153il d\u2019or&nbsp;\u00bb),<\/em> une bicoque sans grand confort \u2013 ni vitres &#8211; qu\u2019il s\u2019est fait construire, avec un pr\u00eat de sa m\u00e8re, sur la c\u00f4te nord de la Jama\u00efque. Le plus simple serait de donner une forme litt\u00e9raire \u00e0 des souvenirs de guerre&nbsp;: mais il est tenu, compte tenu de ses \u00e9tats de service, \u00e0 une discr\u00e9tion presque totale.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, en 1952, c\u2019est le d\u00e9clic&nbsp;: sur le point d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9s pour espionnage, un physicien nucl\u00e9aire britannique, Donald Maclean, et un officier des services secrets, Guy Burgess, viennent de se r\u00e9fugier en URSS. Cette affaire rocambolesque donne \u00e0 Fleming l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire un roman d\u2019espionnage contemporain, <em>Casino Royale<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il cr\u00e9e, \u00e0 cette occasion le personnage de James Bond, agent de Sa Majest\u00e9 <em>\u00ab&nbsp;autoris\u00e9 \u00e0 tuer&nbsp;\u00bb,<\/em> Ecossais par son p\u00e8re et Fran\u00e7ais par sa m\u00e8re. Il lui a fallu huit semaines pour r\u00e9diger un texte de 62 000 mots. Le livre para\u00eet en 1953 et rencontre \u00e0 la fois un succ\u00e8s d\u2019estime et un d\u00e9but de succ\u00e8s commercial. L\u2019\u00e9diteur commande de nouveaux ouvrages, avec le m\u00eame h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p>A quoi tient le charme des <em>James Bond&nbsp;<\/em>? Avant tout au fameux <em>\u00ab&nbsp;style Reuters&nbsp;\u00bb,<\/em> sec et nerveux. Ensuite aux choses vues, aux petits d\u00e9tails qui sonnent juste, glan\u00e9s au NID et au hasard des voyages. A la pinc\u00e9e d\u2019\u00e9rotisme&nbsp;: l\u00e0 encore, Fleming sait de quoi il parle. Aux gadgets \u00e9lectroniques, aux sc\u00e9narios retors, aux suspens vertigineux. Et finalement au <em>\u00ab&nbsp;non-dit du discours&nbsp;\u00bb,<\/em> l\u2019arri\u00e8re plan g\u00e9opolitique. A mesure que paraissent les romans \u2013 une quinzaine en douze ans -, l\u2019Empire britannique s\u2019effiloche au profit de l\u2019Empire am\u00e9ricain. Mais Bond, l\u2019agent infaillible, sauve l\u2019honneur.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1962, le cin\u00e9ma s\u2019empare de 007, avec <em>James Bond contre Dr No<\/em>. Le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 un jeune acteur \u00e9cossais au teint fonc\u00e9, aux cheveux noirs, venu de la classe ouvri\u00e8re&nbsp;: Sean Conery. Fleming n\u2019y croit pas. Il se trompe. Conery a la forme athl\u00e9tique indispensable. Et les mani\u00e8res distingu\u00e9es, il les apprend vite. Bond, ce sera lui pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, m\u00eame si le r\u00f4le sera ensuite repris par une succession d\u2019acteurs blonds. Les films, triomphes plan\u00e9taires, transforment les livres proprement dits en best sellers, tir\u00e9s \u00e0 des millions d\u2019exemplaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici Fleming millionnaire. Mais il est bien tard. Les cigarettes, l\u2019alcoolisme et les exc\u00e8s \u00e9rotiques ont min\u00e9 sa sant\u00e9. Il meurt d\u2019une crise cardiaque \u00e0 56 ans, le 11 ao\u00fbt 1964, quinze jours apr\u00e8s l\u2019enterrement de sa m\u00e8re. Comme l\u2019observe Christian Destremeau, son dernier biographe en date, le monde d\u2019aujourd\u2019hui, avec ses dictateurs \u00e9lectroniques et ses terroristes sadiques, ressemble \u00e9trangement \u00e0 celui qu\u2019il avait entrevu.<\/p>\n\n\n\n<p>______<\/p>\n\n\n\n<p>Andrew Lycett, <em>Ian Fleming<\/em>. Orion, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>Christian Destremeau, <em>Ian Fleming, Les vies secr\u00e8tes du cr\u00e9ateur de James Bond<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Perrin, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 Michel Gurfinkiel &amp; Valeurs Actuelles, 2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Historien et sp\u00e9cialiste des questions g\u00e9opolitiques,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Comment un ex-espion d\u00e9sargent\u00e9 sauva l&rsquo;honneur d&rsquo;un ex-Empire &#8230;<\/em><\/p>\n<p class=\"author-upp\">MICHEL GURFINKIEL<\/p>\n<p>En 1916, quand ils ont atteint respectivement les \u00e2ges de huit et neuf ans, Ian Fleming et son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Peter sont envoy\u00e9s au pensionnat de Durnford, sur la c\u00f4te du Dorset&nbsp;: une de ces p\u00e9pini\u00e8res o\u00f9 les enfants britanniques de bonne famille apprennent \u00e0 devenir les ma\u00eetres du monde. Ce qui implique, en fait, de m\u00e9moriser beaucoup de latin et de grec, de dormir \u00e0 la dure, de s\u2019habituer \u00e0 des nourritures innommables, d\u2019\u00eatre pers\u00e9cut\u00e9s par les \u00e9l\u00e8ves plus \u00e2g\u00e9s et de pers\u00e9cuter en retour les plus jeunes. <em>\u00ab&nbsp;On sortait de l\u00e0&nbsp;\u00bb,<\/em><\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/et-fleming-crea-bond\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: ET FLEMING CREA BOND &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4027"}],"collection":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4027"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4027\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4332,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4027\/revisions\/4332"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4027"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4027"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4027"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}