{"id":99,"date":"2013-05-21T18:30:00","date_gmt":"2013-05-21T16:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/?p=99"},"modified":"2021-01-14T21:13:22","modified_gmt":"2021-01-14T20:13:22","slug":"afpak-le-nouveau-grand-jeu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/afpak-le-nouveau-grand-jeu\/","title":{"rendered":"Afpak\/ Le Nouveau Grand Jeu"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><\/p>\n<p>Sans arbitrage am&eacute;ricain, pas d&apos;Afghanistan ind&eacute;pendant.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><style type=&quot;text\/css&quot;>\n<!--\n \/* Style Definitions *\/\np.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal\n\t{mso-style-parent:&quot;&quot;;\n\tmargin:0cm;\n\tmargin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:12.0pt;\n\tfont-family:&quot;Times New Roman&quot;;\n\tmso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;\n\tmso-bidi-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;}\n@page Section1\n\t{size:612.0pt 792.0pt;\n\tmargin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt;\n\tmso-header-margin:36.0pt;\n\tmso-footer-margin:36.0pt;\n\tmso-paper-source:0;}\ndiv.Section1\n\t{page:Section1;}\n-->\n<\/style>\n<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo;&nbsp;Afpak&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>: les Am&eacute;ricains ont r&eacute;uni sous cette appellation les deux pays o&ugrave; ils combattent Al Qaida et les talibans, l&rsquo;Afghanistan et le Pakistan. Une perspective <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo;&nbsp;cavali&egrave;re&nbsp;&raquo;,<\/em> mais qui n&rsquo;a rien d&rsquo;absurde. L&rsquo;Afghanistan et le Pakistan ont en effet beaucoup en commun. M&ecirc;mes populations, histoire entrem&ecirc;l&eacute;e. Et m&ecirc;me fragilit&eacute; politique.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Le Pakistan est un Etat artificiel, ou plus exactement le vestige relativement artificiel d&rsquo;un Etat absolument artificiel. Lors de sa cr&eacute;ation, en 1947, il devait rassembler toutes les r&eacute;gions du <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;Raj&nbsp;&raquo;<\/em> &#8211; l&rsquo;ancien Empire britannique des Indes &#8211; o&ugrave; les musulmans &eacute;taient majoritaires ou pr&eacute;pond&eacute;rants. Ce <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;grand dessein&nbsp;&raquo;<\/em> fut d&eacute;jou&eacute; par l&rsquo;autre Etat h&eacute;ritier, l&rsquo;Inde, qui parvint &agrave; prendre le contr&ocirc;le de la plus grande partie du sous-continent et &agrave; absorber les zones musulmanes enclav&eacute;es au milieu des zones hindoues.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Mais deux zones p&eacute;riph&eacute;riques, adoss&eacute;es &agrave; d&rsquo;autres Etats, pr&eacute;serv&egrave;rent leur ind&eacute;pendance&nbsp;: &agrave; l&rsquo;ouest de l&rsquo;ancien Empire, la vall&eacute;e de l&rsquo;Indus (Penjab) et les montagnes qui la surplombent&nbsp;; &agrave; l&rsquo;est, le delta du Gange et du Brahmapoutre. Eloign&eacute;es de plus de mille kilom&egrave;tres, les deux r&eacute;gions diff&eacute;raient par la langue, la culture, le mode de vie, l&rsquo;&eacute;conomie. Elles tent&egrave;rent cependant de fusionner au sein d&rsquo;un seul et m&ecirc;me Etat, avec l&rsquo;arri&egrave;re-pens&eacute;e de prendre un jour leur revanche sur l&rsquo;Inde. L&rsquo;exp&eacute;rience prit fin en 1971, quand le Pakistan-Est, trait&eacute; en semi-colonie par l&rsquo;Ouest, fit s&eacute;cession avec l&rsquo;aide des <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo;&nbsp;ennemis&nbsp;&raquo;<\/em> indiens, et devint le Bangladesh.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Le nom<span style=&quot;mso-spacerun:\nyes&quot;>&nbsp; <\/span>de <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;Pakistan&nbsp;&raquo;,<\/em> d&egrave;s lors, ne s&rsquo;est plus appliqu&eacute; qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;Ouest. Ce pays de 770 000 kilom&egrave;tres carr&eacute;s compte aujourd&rsquo;hui 200 millions d&rsquo;habitants. Dire qu&rsquo;il est toujours &agrave; la recherche de lui-m&ecirc;me rel&egrave;ve de la litote. Il comporte quatre Etats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s, des zones tribales autonomes, six ethnies principales. On y parle dix langues principales&nbsp;; l&rsquo;anglais, langue du gouvernement et des &eacute;lites, n&rsquo;est entendu que par 2 ou 3 % de la population, et l&rsquo;ourdou, langue <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;nationale&nbsp;&raquo;<\/em> officielle, que par 10 %. Si 95 % des Pakistanais professent l&rsquo;islam, ils se subdivisent en sunnites (70 %), chiites (20 %) et adeptes de courants minoritaires (5 %).<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Il ne b&eacute;n&eacute;ficie pas non plus des deux facteurs qui, dans certains cas, consolident un Etat composite&nbsp;: la prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique et la stabilit&eacute; politique. Son PNB &eacute;tait de 230 milliards de dollars en 2012 en termes de change, ou de 500 milliards de dollars en parit&eacute; de pouvoir d&rsquo;achat&nbsp;: soit de 1200 &agrave; 2500 dollars par habitant (60 % du PNB par habitant en Inde). Politiquement, de br&egrave;ves p&eacute;riodes semi-d&eacute;mocratiques y alternent avec des dictatures militaires.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Un tel pays ne survit peut-&ecirc;tre qu&rsquo;en tentant de se d&eacute;passer en un Empire de plus grande dimension. C&rsquo;est en tout cas le <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;grand dessein&nbsp;&raquo;<\/em> que cultivent les services secrets d&apos;Islamabad (Inter-Services Intelligence ou ISI), qui constituent, au del&agrave; de l&rsquo;instabilit&eacute; politique, un Etat au sein de l&rsquo;Etat et une arm&eacute;e au sein de l&rsquo;arm&eacute;e.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Le r&ecirc;ve d&rsquo;une <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo;&nbsp;reconqu&ecirc;te&nbsp;&raquo;<\/em> de l&rsquo;Inde n&rsquo;a pas totalement disparu. Dans un premier temps, il pourrait se limiter &agrave; la <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo;&nbsp;lib&eacute;ration&nbsp;&raquo;<\/em> du Cachemire-Sud, territoire &agrave; majorit&eacute; musulmane annex&eacute; par l&rsquo;Inde. Mais un autre r&ecirc;ve consisterait &agrave; se conf&eacute;d&eacute;rer avec l&rsquo;Afghanistan puis avec d&rsquo;autres Etats d&rsquo;Asie centrale.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Dans les deux cas, Islamabad mise sur sa puissance nucl&eacute;aire, acquise &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990. Et sur ses r&eacute;seaux politico-religieux, indissociables des confr&eacute;ries int&eacute;gristes sunnites. Ce qui l&rsquo;expose parfois &agrave; d&rsquo;&eacute;tranges contradictions ou contorsions&nbsp;: face &agrave; l&rsquo;Inde, le Pakistan s&rsquo;appuie en effet sur les Etats-Unis et la Chine. Depuis 2001, les premiers sont en guerre contre Al Qaida, les talibans et les autres organisations terroristes islamistes. Quant aux Chinois, ils s&rsquo;inqui&egrave;tent de la pouss&eacute;e de l&rsquo;int&eacute;grisme chez leurs propres musulmans, notamment au Xinjiang.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>En tant qu&rsquo;Etat, l&rsquo;Afghanistan &ndash; 652 000 kilom&egrave;tres carr&eacute;s, 32 millions d&rsquo;habitants en 2012 &#8211; est plus ancien que le Pakistan&nbsp;: il existe au moins depuis le milieu du XVIIIe si&egrave;cle. Mais il n&rsquo;est pas moins h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne&nbsp;: sept ethnies principales, deux langues principales, deux langues secondaires, une trentaine de langues minoritaires, deux religions (80 % de sunnites et 20 % de chiites). Et le gouvernement central &ndash; monarchie, r&eacute;publique, th&eacute;ocratie &ndash; y est beaucoup plus fragile&nbsp;: il a toujours d&ucirc; y composer avec les pouvoirs locaux, les tribus, les clans&nbsp;; il s&rsquo;est d&eacute;sint&eacute;gr&eacute; &agrave; plusieurs reprises. Le PNB ne d&eacute;passe pas 20 milliards de dollars en termes de change, ou 35 milliards en parit&eacute; de pouvoir d&rsquo;achat&nbsp;: soit entre 650 et 1000 dollars par habitant.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>La principale diff&eacute;rence entre le Pakistan et l&rsquo;Afghanistan, c&rsquo;est en fait que le premier est n&eacute;, activement, d&rsquo;un projet g&eacute;opolitique et en cherche un autre pour survivre, alors que le second a &eacute;t&eacute; fa&ccedil;onn&eacute;, passivement, par le <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;Grand Jeu&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>: la g&eacute;opolitique des pays voisins.<\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>L&apos;Afghanistan est perch&eacute; sur l&apos;Hindou-Kouch, un prolongement occidental de l&apos;Himalaya qui s&eacute;pare le sous-continent indien des plateaux d&apos;Asie centrale et d&apos;Iran <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>(&laquo; Hindou-Kouch &raquo;<\/em> signifie litt&eacute;ralement <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo; Tueur d&apos;Hindous &raquo;<\/em> en hindi : pour les habitants du sous-continent indien, cette barri&egrave;re &eacute;tait r&eacute;put&eacute;e infranchissable). La plus grande partie du territoire s&apos;&eacute;tage entre 1000 et 2000 m&egrave;tres d&apos;altitude. Dans le centre et le nord-est du pays, il n&apos;est pas rare de d&eacute;passer la barre des 3000 m&egrave;tres ; et le sommet le plus &eacute;lev&eacute;, le pic Nowshak, culmine &agrave; 7485 m&egrave;tres. Les r&eacute;gions les plus basses, &agrave; quelque 250 m&egrave;tres d&apos;altitude, se trouvent &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie : dans le sud-ouest du pays, elles sont largement d&eacute;sertiques.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Jusqu&apos;au premier mill&eacute;naire de l&apos;&egrave;re chr&eacute;tienne, cet environnement pr&eacute;sentait plus d&apos;avantages que d&apos;inconv&eacute;nients. L&apos;altitude assurait souvent un climat temp&eacute;r&eacute; et relativement humide. Des cols et des routes permettaient aux n&eacute;gociants, artisans, savants et hommes de religion de circuler en permanence &agrave; travers le <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo; ch&acirc;teau fort &raquo;<\/em> afghan. Si bien que des civilisations hybrides, marqu&eacute;es &agrave; la fois par l&apos;Inde, la Chine, l&apos;Asie centrale, l&apos;Iran, le monde hell&eacute;nistique, s&apos;y sont successivement d&eacute;velopp&eacute;es. En 250 avant l&apos;&egrave;re chr&eacute;tienne, un gouverneur s&eacute;leucide, Diodote, y avait cr&eacute;&eacute; un royaume indo-hell&eacute;nistique, dont l&apos;art exquis fait aujourd&apos;hui notre admiration.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>En 642 de l&apos;&egrave;re chr&eacute;tienne, les Arabes, second&eacute;s par des Persans et des Turcs fra&icirc;chement convertis &agrave; l&apos;islam, conqui&egrave;rent la plus grande partie de l&apos;Afghanistan actuel. Ils y fondent de nouveaux Etats ou Empires, notamment, vers l&apos;an mil, le brillant Empire ghazn&eacute;vide qui englobe, en termes actuels, l&apos;Afghanistan, l&apos;Iran, l&apos;Ouzb&eacute;kistan et le Pakistan. Mais ces r&eacute;gimes sont moins fond&eacute;s sur une prosp&eacute;rit&eacute; naturelle que sur le pillage perp&eacute;tuel des pays voisins, notamment l&apos;Inde du Nord. Et en 1219, ils s&apos;&eacute;croulent devant un pr&eacute;dateur plus redoutable encore, les Mongols de Gengis-Khan. La moiti&eacute; de la population p&eacute;rit, les grandes villes (Ghazni, H&eacute;rat, Balkh) sont d&eacute;truites, les r&eacute;gions agricoles d&eacute;vast&eacute;es.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Les survivants se regroupent en clans compacts, se retranchent dans des vall&eacute;es difficiles d&apos;acc&egrave;s, s&apos;efforcent de pratiquer une autarcie compl&egrave;te. Aux Pashtuns, parlant un dialecte iranien archa&iuml;que et r&eacute;gi par un code coutumier, le Pashtunwali,<span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;>&nbsp; <\/span>qui pr&eacute;sente de curieuses analogies avec le Pentateuque, se juxtaposent les Persans ou Tadjiks, parlant le dari, proche du persan, les Baloutches s&eacute;mito-iraniens et les Turkm&egrave;nes et Ouzbeks turcophones. Des Mongols s&eacute;dentaris&eacute;s, les Hazaras, se sont en outre install&eacute;s dans le nord-ouest du pays : &agrave; la diff&eacute;rence des autres habitants, de confession sunnite, ils pratiquent le chiisme. Il y a m&ecirc;me, aux lisi&egrave;res de l&apos;Himalaya indien, une enclave pa&iuml;enne : le Kafiristan ou Pays des Infid&egrave;les.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>De temps &agrave; autre, un chef de guerre surgit dans les montagnes, rassemble une arm&eacute;e, conquiert ou d&eacute;vaste l&apos;Inde ou l&apos;Asie centrale : ce sera notamment le cas du sultan Baber, un prince d&apos;origine mongole n&eacute; &agrave; Kaboul, qui, au d&eacute;but du XVIe si&egrave;cle, cr&eacute;e le plus grand Etat musulman de l&apos;Inde, l&apos;Empire mogol. Mais jusqu&apos;au milieu du XVIIIe si&egrave;cle, aucun souverain ne parvient &agrave; unifier l&apos;Afghanistan proprement dit, ou &agrave; y instaurer un Etat digne de ce nom.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Dans les ann&eacute;es 1730 et 1740, de nombreux guerriers pashtuns se rallient au dernier grand souverain persan, Nadir Shah, dont l&apos;Empire &ndash; &eacute;ph&eacute;m&egrave;re &#8211; s&apos;&eacute;tend du Caucase au Gange. Quand Nadir est assassin&eacute; au Kurdistan, en 1747, le chef de sa garde pashtune, Ahmad Shah, revient au pays et y fonde, par la force ou la diplomatie, un &eacute;mirat qui s&apos;&eacute;tend de M&eacute;ched, dans l&apos;Iran actuel, &agrave; la vall&eacute;e de l&apos;Indus. R&eacute;trospectivement, cette entit&eacute; a fait figure de <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo; premier Etat afghan &raquo;. <\/em>Peut-&ecirc;tre vaudrait-il mieux parler d&rsquo;une vaste alliance tribale.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Les successeurs d&rsquo;Ahmad Shah se heurtent bient&ocirc;t aux Britanniques, qui ont pris le contr&ocirc;le de l&apos;Inde et du golfe Persique. En 1838, une arm&eacute;e anglo-indienne occupe la capitale de l&apos;&eacute;mirat, Kaboul : quelques dizaines d&apos;officiers britanniques avec leurs ladies, des milliers de cipayes (soldats indiens) ou de gurkhas (mercenaires n&eacute;palais). Quatre ans plus tard, elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;cim&eacute;e par les maladies et la guerilla. Les survivants tentent de regagner l&rsquo;Inde&nbsp;: ils sont massacr&eacute;s dans les cols de l&apos;Hindou-Kouch, comme les Francs &agrave; Roncevaux. Rudyard Kipling leur consacre une de ses plus c&eacute;l&egrave;bres ballades&nbsp;:<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>Kabul town&rsquo;s by Kabul river &ndash; <\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>Blow the trumpet, draw the sword &ndash; <\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>There I lef&rsquo; my mate for ever&hellip;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>La ville de Kaboul, sur les bord de la rivi&egrave;re Kaboul &ndash;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>Sonnez trompettes, tirez l&rsquo;&eacute;p&eacute;e &ndash;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>C&rsquo;est l&agrave; que j&rsquo;ai laiss&eacute; mon camarade pour toujours&hellip;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Une exp&eacute;dition punitive reprend Kaboul, l&apos;&eacute;vacue &agrave; nouveau. Entre 1878 et 1881, les Britanniques tentent pour la derni&egrave;re fois d&apos;incorporer l&apos;Afghanistan au Raj. Finalement, ils se contentent d&apos;en annexer le tiers sud-est, du Baloutchistan &agrave; la Passe de Khyber. Tout en reconnaissent l&apos;ind&eacute;pendance ou l&rsquo;autonomie de l&rsquo;&nbsp;<em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;&eacute;mirat de Kaboul&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Il est vrai que celui-ci est d&eacute;sormais dirig&eacute; par un souverain d&rsquo;exception, Abdurrahman Kahn. Il a quarante ans quand il monte sur le tr&ocirc;ne. Machiavel aurait vu en lui son <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>Prince<\/em>&nbsp;: r&eacute;aliste, ma&icirc;tre de lui-m&ecirc;me, sans scrupule, manipulateur. Il invoque l&rsquo;islam, mais met sur pied un embryon d&rsquo;Etat&nbsp;&agrave; l&rsquo;europ&eacute;enne : une administration centrale, une arm&eacute;e, un tr&eacute;sor public. Il &eacute;crit ou fait publier sous son nom des trait&eacute;s du jihad, qu&rsquo;il met en pratique dans des guerres d&rsquo;extermination contre les autochtones&nbsp;<em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;infid&egrave;les&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>: Hazaras ou Kafirs. Mais cela lui donne la l&eacute;gitimit&eacute; requise pour transiger avec les Britanniques, puis avec les Russes, qui ont surgi &agrave; leur tour en Asie centrale. Il a compris d&rsquo;embl&eacute;e, en effet, que les deux Empires europ&eacute;ens ont peur l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Et que l&rsquo;Afghanistan peut trouver un long r&eacute;pit en servant d&rsquo;Etat-tampon. A condition de faire les concessions n&eacute;cessaires.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Les Britanniques veulent se doter, pour prot&eacute;ger le Raj contre une &eacute;ventuelle invasion russe, d&rsquo;une fronti&egrave;re s&ucirc;re&nbsp;: la <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;ligne Durand&nbsp;&raquo;,<\/em> du nom de Mortimer Durand, le secr&eacute;taire aux Affaires &eacute;trang&egrave;res de l&rsquo;Empire des Indes, qui n&eacute;gocie personnellement avec Abdurrahman en 1893. Elle longe des fronti&egrave;res naturelles&nbsp;: au nord la chaine du Safed Koh, o&ugrave; se situe la Passe de Khyber&nbsp;; au centre la chaine du Toba Kakar&nbsp;; et au sud les Chaga&iuml;s, une chaine de collines granitiques. Mais elle coupe en deux la principale ethnie afghane, les Pashtuns, &agrave; laquelle appartient l&rsquo;&eacute;mir. Il y consent. C&rsquo;est &agrave; ce prix seulement qu&rsquo;un Afghanistan neutre et ind&eacute;pendant peut s&rsquo;ins&eacute;rer dans le Grand Jeu&nbsp;: le nouvel &eacute;quilibre des puissances en Eurasie.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>L&rsquo;arrangement dure quatre-vingts ans : l&apos;URSS succ&eacute;dant &agrave; l&apos;Empire des tsars dans les ann&eacute;es 1920, et les Etats-Unis, alli&eacute;s du Pakistan, se substituant aux Britanniques en 1947. Il assure &agrave; l&rsquo;Afghanistan la plus longue paix de son histoire. Et lui permet d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; la modernit&eacute;.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Sous les premiers successeurs d&rsquo;Abdurrahman &ndash;<span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;>&nbsp; <\/span>Habibullah puis Amanullah, qui prend le titre de roi en 1926 -, Kaboul se dote peu &agrave; peu d&rsquo;&eacute;coles, de lyc&eacute;es, de mus&eacute;es, de th&eacute;&acirc;tres, de salles de concert, d&apos;une universit&eacute;. Les princes et les hauts fonctionnaires portent l&apos;habit occidental, leurs &eacute;pouses &ocirc;tent le voile. Leurs enfants se passionnent pour Pasteur, Darwin, Tolsto&iuml;, Marx, Nietzsche, et surtout pour les philologues et arch&eacute;ologues allemands, qui parlent d&apos;une origine <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>&laquo; aryenne &raquo;<\/em> commune aux Europ&eacute;ens, aux Iraniens, aux Afghans et aux Indiens des hautes castes.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>En 1933, apr&egrave;s quatre ans de troubles int&eacute;rieurs,<span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;>&nbsp; <\/span>le jeune Zaher Shah, &acirc;g&eacute; de dix-neuf ans seulement, monte sur le tr&ocirc;ne. Il r&egrave;gne quarante ans. En se gardant longtemps de toute innovation trop rapide &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur et de toute initiative sur le plan international. Puis, dans les ann&eacute;es 1960, il change soudain de politique&nbsp;: une nouvelle constitution, en 1964, &eacute;tablit un r&eacute;gime constitutionnel d&eacute;mocratique, avec un parlement &eacute;lu au suffrage universel&nbsp;; un nouveau code &eacute;mancipe les femmes&nbsp;; et afin de d&eacute;velopper l&rsquo;&eacute;conomie, Kaboul resserre ses liens avec les Etats-Unis.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Les Sovi&eacute;tiques consid&egrave;rent que les r&egrave;gles du Grand Jeu ont &eacute;t&eacute; viol&eacute;es. Ils encouragent un ancien premier ministre, Daoud Khan, cousin du roi, &agrave; renverser la monarchie en 1973. Mais c&rsquo;est compter sans les communistes locaux, issus en fait de l&rsquo;aristocratie kabouliote, et divis&eacute;s en deux factions rivales&nbsp;: le Khalq (Peuple), <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;l&eacute;niniste&nbsp;&raquo;,<\/em> &agrave; recrutement pashtun&nbsp;; le Parcham (Drapeau), <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;communiste orthodoxe&nbsp;&raquo;,<\/em><span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;>&nbsp; <\/span>mais li&eacute; aux ethnies non-pashtunes du nord du pays. En 1978, le Khalq &eacute;limine Daoud. Un an plus tard, le Parcham organise un contre-coup d&apos;Etat. Les Sovi&eacute;tiques se r&eacute;solvent &agrave; intervenir sur place &hellip;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Quarante ans ont pass&eacute; depuis la chute de Zaher Shah. L&rsquo;Afghanistan a sombr&eacute; dans le chaos&nbsp;: quatorze ans d&rsquo;occupation sovi&eacute;tique et de <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;r&eacute;sistance islamique&nbsp;&raquo;,<\/em> quatre ans de guerre civile larv&eacute;e entre <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;r&eacute;sistants&nbsp;&raquo;<\/em> (en fait, entre ethnies et clans) apr&egrave;s le d&eacute;part des Russes, cinq ans de r&eacute;gime ultra-islamiste (l&rsquo;&eacute;mirat des Taliban, alli&eacute; &agrave; Al Qaida). Depuis 2001, il en sort peu &agrave; peu&nbsp;: les Am&eacute;ricains et leurs alli&eacute;s ont renvers&eacute; les Talibans, r&eacute;tabli un Etat. Ahmed Karzai, &eacute;lu et r&eacute;&eacute;lu pr&eacute;sident en 2002, 2004 et 2009, est un lointain descendant d&rsquo;Ahmad Shah (par une autre branche que Zaher Shah). Son ambition semble &ecirc;tre aujourd&rsquo;hui de rallier au nouveau r&eacute;gime la plus grande partie des Talibans, qui appartiennent, comme lui, &agrave; l&rsquo;ethnie pashtun. A plus longue &eacute;ch&eacute;ance, il cherche &agrave; consolider l&rsquo;ind&eacute;pendance nationale&nbsp;: notamment face au Pakistan.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Entre les deux pays, il y a deux contentieux. D&rsquo;abord, la question pashtune. Kaboul n&rsquo;a jamais reconnu la cession d&eacute;finitive des territoires situ&eacute;s au-del&agrave; de la ligne Durand&nbsp;; celle-ci, affirme-t-on &agrave; Kaboul, n&rsquo;est pas une fronti&egrave;re <em style=&quot;mso-bidi-font-style:\nnormal&quot;>de jure<\/em>, mais seulement la d&eacute;limitation d&rsquo;une sph&egrave;re d&rsquo;influence. Le tiers des Pashtuns vivent en Afghanistan, o&ugrave; ils forment pr&egrave;s de 50 % de la population. Les deux tiers au Pakistan, o&ugrave; ils forment 15 % de la population totale et plus de 80 % de la population des r&eacute;gions montagneuses. Un Grand Afghanistan incluant le Pashtunistan <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;occup&eacute;&nbsp;&raquo;<\/em> doublerait sa population, et serait pashtun &agrave; 70 %.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Ensuite, la question des ing&eacute;rences pakistanaises. Depuis la perte du Bengale en 1971, le Pakistan songeait &agrave; se doter d&rsquo;une <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;profondeur strat&eacute;gique&nbsp;&raquo;<\/em> en Afghanistan. L&rsquo;invasion sovi&eacute;tique de 1979 a constitu&eacute; &agrave; cet &eacute;gard une <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo;&nbsp;divine surprise&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>: elle a soudain &agrave; l&rsquo;ISI permis d&rsquo;op&eacute;rer ouvertement dans le pays voisin, sous couvert d&apos;aider la r&eacute;sistance anticommuniste et avec l&apos;appui des Etats-Unis&hellip; Mais beaucoup d&rsquo;Afghans y ont vu une tentative d&rsquo;annexion &agrave; peine voil&eacute;e.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>L&rsquo;avenir de l&rsquo;Afghanistan passe en fait par la mise en place d&rsquo;un nouveau Grand Jeu, plus complexe que le pr&eacute;c&eacute;dent. Au syst&egrave;me binaire Russes\/Britanniques puis Sovi&eacute;tiques\/Am&eacute;ricains s&rsquo;est substitu&eacute; une situation multipolaire. L&apos;URSS s&apos;est d&eacute;sint&eacute;gr&eacute;e, mais la Russie est de retour. L&apos;Asie centrale a acc&eacute;d&eacute; &agrave; l&apos;ind&eacute;pendance, mais ses r&eacute;publiques restent pr&eacute;caires. Le Pakistan s&apos;est dot&eacute; de l&apos;arme nucl&eacute;aire. L&apos;Inde, devenue un <em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;>&laquo; g&eacute;ant &eacute;mergent &raquo;<\/em> de l&apos;&eacute;conomie mondiale, dispose &eacute;galement de la bombe, mais redoute son voisin chinois, autre g&eacute;ant et puissance nucl&eacute;aire depuis 1964. Enfin, l&apos;Iran, devenu une th&eacute;ocratie chiite, pr&ecirc;che le jihad g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; et cherche &agrave; se doter, lui aussi, de l&apos;arme absolue.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>Reste les Etats-Unis. Eux seuls peuvent garantir, entre ces divers acteurs, des &eacute;quilibres. Barack Obama, &agrave; la surprise g&eacute;n&eacute;rale, a renforc&eacute; la pr&eacute;sence am&eacute;ricaine en Afghanistan lors de son premier mandat pr&eacute;sidentiel. Son entourage laisse aujourd&rsquo;hui entendre que des troupes et des techniciens pourraient demeurer dans ce pays apr&egrave;s 2014, la date o&ugrave; l&rsquo;intervention occidentale devrait officiellement prendre fin.<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><em><span style=&quot;mso-bidi-font-size:\n16.0pt&quot;>Michel Gurfinkiel is the Founder and President of the Jean-Jacques Rousseau Institute, a conservative think-thank in France, and a Shillman\/Ginsburg Fellow at Middle East Forum.<\/span><\/em><\/p>\n<p class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;>&nbsp;<\/p>\n<p style=&quot;margin-left:1.0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;><strong style=&quot;mso-bidi-font-weight:\nnormal&quot;>&copy; Michel Gurfinkiel, 2013<\/strong><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<\/p>\n<p>Sans arbitrage am&eacute;ricain, pas d&apos;Afghanistan ind&eacute;pendant.<\/p>\n<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/afpak-le-nouveau-grand-jeu\/\">&nbsp;&raquo;&nbsp;Read more about: Afpak\/ Le Nouveau Grand Jeu &nbsp;&raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[657],"tags":[60],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99"}],"collection":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=99"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1556,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99\/revisions\/1556"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=99"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=99"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/michelgurfinkiel.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=99"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}